15 minutes pour quitter sa maison, dénonce AI

Israël: La loi des bulldozers continuer de s’appliquer contre les Palestiniens

Londres/Lausanne, 9 décembre 1999 (APIC) La loi des bulldozers continue d’être appliquée par Israël contre les Palestiniens. Au mépris des Accords d’Oslo de 1993, Israël et ses bulldozers démolissent les maisons. Depuis 1995 quelque 5’000 personnes, parmi lesquelles 2’000 enfants ont ainsi été jeté à la rue, dénonce Amnesty International (AI) dans un nouveau rapport publié à Londres. Dans leur volonté de poursuivre une politique discriminatoire à l’égard des Palestiniens, les autorités poussent l’aberration jusqu’à donner 15 minutes aux habitants pour quitter leur maison. Sans pratiquement rien pouvoir emporter.

AI s’inquiète de la politique de démolition de maisons appartenant à des Palestiniens pratiquée par les autorités israéliennes. Le 26 janvier 1999, Ahmed Mahmoud Abu Awais voyait avec horreur plus de 100 membres armés de la police des frontières arriver avec des bulldozers à Isawiyeh, dans Jérusalem-Est, et commencer à détruire sa maison de quatre pièces où vivaient 14 membres de sa famille. On ne leur a pas été laissé le temps de sortir les meubles. Une centaine d’habitants de la localité se sont rassemblés et ont commencé à lancer des pierres. Les policiers ont riposté à coups de matraque et ont tiré à bout portant des balles en caoutchouc, tuant Zaki Ubayd, un père de famille de vingt-huit ans, peut-on lire dans le témoignage recueilli en juin dernier par Amnesty International.

Des milliers de Palestiniens vivent dans la crainte

Des milliers de Palestiniens vivent comme Ahmed Mahmoud Abu Awais: dans la crainte de voir leur maison démolie par les autorité israéliennes parce qu’ils n’ont pas obtenu de permis de construire, même sur des terrains ayant appartenu à leur famille depuis des générations. Sans permis, leur maison est illégale. Pour AI, la politique de démolition des maisons constitue une grave violation des droits humains des habitants palestiniens de Cisjordanie.

Des délégués de l’Organisation, parmi lesquels Anthony Coon, spécialiste indépendant de l’urbanisme, ont effectuéé une mission de recherche en Israël et en Cisjordanie en mai et juin 1999. Leurs conclusions, publiées dans un rapport publié à Londres et intitulé «Démolition et expropriation: la destruction de maisons palestiniennes», font clairement apparaître que la législation et les ordonnances militaires israéliennes répondent à deux orientations différentes selon qu’elles s’adressent aux Palestiniens ou aux Israéliens.

Pour unique cible

«Les Palestiniens sont pris pour cible uniquement parce qu’ils sont Palestiniens. La démolition de leur maison est de toute évidence liée à une politique discriminatoire qui vise à limiter l’implantation des Palestiniens aux zones urbaines existantes», estime Anthony Coon. Pour les Israéliens, les choses sont différentes. Il ne leur est pas très difficile d’obtenir un permis de construire et même lorsqu’ils construisent leur maison sans permis, celle-ci ne risque pas, ou pratiquement pas, d’être démolie».

Contrairement aux espoirs suscités par la signature d’un accord de paix en 199 à Oslo, les démolitions n’ont pas cessé. Depuis 1995, les bulldozers ont jeté à la rue quelque 5’000 personnes, parmi lesquelles 2’000 enfants. Le nouveau gouvernement israélien d’Ehoud Barak a chargé récemment une commission interministérielle d’examiner la question des démolitions de maisons en Cisjordanie. Les bulldozers ont néanmoins poursuivi leur travail de destruction. A l’heure actuelle, dans Jérusalem-Est, 10’000 maisons, dans lesquelles vit un tiers de la population palestinienne, sont sous le coup d’un ordre de démolition.

Amnesty International insiste sur le fait que les personnes et les familles dont la maison a été démolie se retrouvent dans une situation catastrophique. Souvent, leur maison était tout ce qu’elles possédaient. En détruisant les maisons des Palestiniens et en refusant de leur accorder des permis de construire, le gouvernement israélien viole les obligations en matière de droit international humanitaire et relatif aux droits humains qu’il s’est pourtant engagé à respecter. (apic/com/pr)

9 décembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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