Responsables chrétiens médiateurs entre musulmans et juifs

Israël : « Le cercle vicieux de la violence revient en Terre Sainte »

Jérusalem, 10 mars 2008 (Apic) « Le cercle vicieux de la violence qui a tourmenté Israël et la Palestine pendant des années est revenu », a affirmé l’évêque luthérien de Jérusalem Munib Younan, suite à la fusillade du 6 mars perpétrée dans un séminaire religieux juif.

«Cela ne sauvera pas la Terre Sainte, qui va être plongée dans un bain de sang», a déclaré l’évêque à la correspondante de l’agence oecuménique ENI, après l’attaque du 6 mars. Le 6 mars, un Palestinien avait ouvert le feu dans la bibliothèque et la salle d’étude bondées du séminaire Mercaz Harav, tuant huit personnes et en blessant onze autres. Le séminaire, ou yéchivah est la yéchivah phare du mouvement sioniste.

Selon les médias, après la fusillade, des hommes armés tiraient en l’air pour célébrer l’attaque. Le Hamas, mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza, a publié un communiqué bénissant l’attaque.

Gaza est maintenant la cible d’attaques militaires israéliennes. Plus de 110 Palestiniens ont trouvé la mort au cours des violences qui ont lieu à la frontière nord du territoire avec Israël, d’oû les activistes lancent depuis plus d’un mois des roquettes Qassam sur les villes frontalières israéliennes.

L’évêque Younan a appelé tous les responsables religieux et politiques à défendre la justice et la paix. Il a affirmé que les responsables chrétiens entretenaient un dialogue avec les leaders religieux musulmans et juifs à propos de la situation.

«Si nous nous autorisons a` etre entrainés par la violence, nous n’irons nulle part», a déclaré l’éveque Younan. Nous devons encourager les modérés à s’exprimer plus fort que la voix de la violence.»

Comme le fait Mohammed Dajani Daoudi, érudit musulman et fondateur de Wasatai, une nouvelle organisation islamique palestinienne, qui a déclaré : «Les mouvements religieux radicaux consacrent tous leurs efforts à tenter de faire échouer le processus de paix. Si nous ne créons pas une culture de la paix, ce mouvement radical va s’imposer.»

Tôt ou tard, un cessez-le feu interviendra.

Selon Mohammed Dajani, Israël doit prendre conscience qu’il ne peut pas assurer sa sécurité en construisant des murs de séparation ou au moyen de la force. Afin de créer une atmosphère de coexistence pacifique, Israël doit relâcher la situation aux points de contrôle et sur les routes, pour les Palestiniens qui n’ont rien à voir avec la violence.

Le rabbin Ron Kronish, directeur du Conseil de coordination interreligieux d’Israël, soutient les appels à un cessez-le-feu tout en sachant que, aussi difficile que cela soit, Israël va devoir entamer des pourparlers avec le Hamas. «C’est une chose difficile à dire alors que se déroulent tant d’enterrements, mais il y aura tôt ou tard un cessez-le-feu et il vaudrait mieux qu’il intervienne le plus tôt possible, avant que d’autres personnes ne soient tuées.» Il a expliqué que les responsables religieux devaient assumer la responsabilité de calmer les tensions dans le contexte actuel, au lieu de les attiser.»Il nous faut une voix religieuse de la raison», a déclaré le rabbin Kronish. (apic/eni/vb)

10 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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