Israël: Le Ministre israélien du tourisme se fait l’avocat de l’épuration ethnique
«Si les Arabes perdent la guerre, ils seront expulsés»
Jérusalem, 18 décembre 2001 (APIC) Le Ministre israélien du tourisme Binyamin Elon, du parti d’extrême-droite Union nationale, s’est fait mardi l’avocat de l’épuration ethnique. «Si les Arabes perdent la guerre, ils seront expulsés», a-t-il déclaré. Selon le quotidien «Ha’aretz», Elon a affirmé que si les Palestiniens continuaient leur violence contre Israël, et sont battus, «ils seront à la fin expulsés de leurs maisons». Le ministre ultranationaliste a ajouté qu’il milite personnellement en faveur de la «judaïsation» en aidant les Arabes de Jérusalem Est et d’ailleurs à émigrer aux Etats-Unis.
Président du parti «Moledet», qui prône le «transfert» des Palestiniens au-delà du Jourdain, le rabbin Elon est devenu ministre du Tourisme du gouvernement Sharon après l’assassinat en octobre dernier du fondateur du «Moledet», le ministre Rehavam Ze’evi. Elon aimerait qu’ils soient tout simplement expulsés au cours de la guerre «purement et simplement», a-t-il précisé sur les ondes de la Radio militaire israélienne.
Elon a précisé que de nombreux Palestiniens avaient déjà abandonné Jérusalem Est et les territoires, dont certains «avec l’aide active de Juifs de droite». Le ministre d’extrême-droite est fier de dire avoir participé personnellement à cette politique de judaïsation où les maisons arabes sont occupées par des familles juives: «Ils laissent leurs maisons à Jérusalem et ailleurs et ils partent pour l’Amérique ou pour d’autres places. C’est une chose positive qui devrait être encouragée». Le ministre évoque le sort des Palestiniens expulsés lors de la guerre israélo-arabe de 1948 qui a changé la géographie et la démographie de la Palestine et laisse entendre que la guerre actuelle pourrait se terminer de la même manière par le «transfert» des Palestiniens hors de leurs terres.
Israël peut désamorcer la violence en Terre Sainte, selon le patriarche latin de Jérusalem
Israël peut désamorcer la violence en Terre Sainte, affirme pour sa part le patriarche latin de Jérusalem. Mgr Michel Sabbah estime que l’Etat hébreu dispose de la clef pour faire cesser la violence palestinienne: «La résistance extrémiste continuera aussi longtemps que l’occupation israélienne continue. L’actuelle campagne contre le président palestinien Yasser Arafat n’a fait qu’ajouter au problème, alimentant les mouvements extrémistes», a déclaré le patriarche de Jérusalem à l’agence de presse catholique américaine Catholic News Service (CNS). Mgr Sabbah considère que les Israéliens ont fait de Yasser Arafat le bouc émissaire de leurs propres actes.
«La violence ne va mener nulle part. Elle ne protège personne. M. Sharon dit qu’il a le droit, lui et son peuple, à la légitime défense. Mais en ripostant à la violence par la violence, il ne se défend pas. Il s’expose tout simplement, lui et son peuple, à plus de violences, à plus de victimes. S’il veut vraiment protéger son peuple, l’unique moyen, c’est de mettre fin à l’occupation», a-t-il confié lundi au quotidien catholique français «La Croix».
Israël tient très peu compte des sentiments de la chrétienté dans le monde
Le patriarche latin de Jérusalem estime qu’il est du devoir moral des Palestiniens de résister à l’occupation: «Votre liberté est un don de Dieu, vous ne pouvez la concéder à aucune occupation, à aucun occupant. Mais cette résistance peut être une résistance non violente». Michel Sabbah relève que la première intifada, la «guerre des pierres», était plus efficace que la lutte d’aujourd’hui avec des armes à feu. «Avec la branche d’olivier, vous êtes encore plus forts qu’avec les pierres et les armes à feu!». Concernant la poursuite des travaux de la mosquée de Nazareth, malgré les réactions de condamnation dans le monde chrétien et musulman, en Arabie Saoudite, en Jordanie, en Syrie, au Liban, le patriarche latin déplore qu’il s’agisse d’une décision politique israélienne: «C’est une question entre Israël, les chrétiens locaux et le monde chrétien. Elle montre qu’Israël tient très peu compte des sentiments de la chrétienté dans le monde!». (apic/haar/cx/be)



