Israël: Le pays «enquête» sur le soutien au patriarche orthodoxe évincé
Israël continue de reconnaître Irénée 1er, pourtant destitué
Jérusalem, 19 octobre 2006 (Apic) Un comité ministériel israélien a entrepris d’examiner l’opportunité du soutien du pays à Irénée Ier, leader évincé du patriarcat orthodoxe grec à Jérusalem, dans un contexte qu’un responsable de l’Eglise a qualifié de «catastrophique».
Au début du mois, le Conseil oecuménique des Eglises (COE), basé à Genève, avait exhorté Israël à retirer son soutien à Irénée Ier et à reconnaître Théophile III en tant que nouveau responsable de l’Eglise à Jérusalem.
«Un comité ministériel spécial, constitué à la demande du ministre de l’Intérieur Roni Bar-On, enquête sur la question,» a déclaré à l’Agence oecuménique ENI Mark Regev, porte parole du ministère des Affaires étrangères israélien. «Il a déjà reçu les conclusions de la communauté orthodoxe grecque et des Jordaniens, entre autres, et une décision devrait être prise prochainement».
Selon des accords de longue date, l’élection du patriarche de Jérusalem, responsable de la plus vieille et plus importante Eglise en Terre Sainte, d’après l’Agence ENI, doit être approuvée par les autorités israéliennes, jordaniennes et palestiniennes.
Théophile III a été élu en 2005 par le synode de l’Eglise pour remplacer le patriarche Irénée Ier, évincé en raison d’allégations – qu’il conteste – selon lesquelles il aurait vendu et loué à des investisseurs juifs des terres appartenant à l’Eglise sans l’accord du synode. Israël continue cependant de reconnaître Irénée Ier et n’a pas approuvé l’élection de Théophile III en tant que patriarche.
L’absence de reconnaissance par le gouvernement est «catastrophique,» a déclaré, selon le quotidien «Jerusalem Post», Patrick Theros, représentant du patriarcat aux Etats-Unis. Cette non-reconnaissance implique que de nombreuses banques et sociétés commerciales, ainsi que le cadastre et d’autres agences d’Etat refusent de traiter avec Théophile III en tant que représentant légal de l’Eglise.
L’électricité coupée au patriarcat
«C’en est arrivé au point où l’électricité a été coupée au patriarcat,» a déploré Patrick Theros, soulignant que l’Eglise ne pouvait ni payer le personnel de ses 40 écoles ni entretenir ses 400 églises sans l’aide d’urgence du gouvernement grec.
Dans une lettre adressée au Premier ministre Ehud Olmert, le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, avait demandé à son gouvernement «que des mesures soient prises pour remédier» à ce problème. Selon le pasteur, l’incapacité d’Israël à reconnaître Théophile III empêche la plus importante Eglise membre du COE en Terre Sainte d’accomplir normalement ses fonctions.
«Plus d’un an a passé depuis son élection à ce poste,» écrivait le pasteur Kobia dans sa lettre, rendue publique le 3 octobre. Le secrétaire général du COE avait qualifié d’»injustifiée» la non-reconnaissance de l’élection du patriarche Théophile III, soulignant que cela équivalait à «une ingérence de l’Etat dans les affaires de l’Eglise». (apic/eni/pr)




