Réponse aux multiples appels de Jean Paul II pour la paix
Israël: Le Premier ministre israélien Ariel Sharon veut séduire les chrétiens
Jérusalem, 18 juillet 2001 (APIC) Alors qu’Israël poursuit sa politique de «liquidation» des activistes islamistes palestiniens – une quarantaine d’entre eux ont déjà été assassinés par les forces israéliennes depuis novembre dernier – le Premier ministre Ariel Sharon, contre lequel court une plainte pour crime de guerre et crime contre l’humanité devant un tribunal belge, lance une offensive de charme en direction du monde chrétien.
Dans une interview à l’hebdomadaire catholique italien «Famiglia Cristiana», publiée dans l’édition du 22 juillet, Sharon déclare que «la communauté chrétienne qui réside en Israël pourra, avec le soutien moral des paroles du pape, constituer un pont entre les communautés».
S’il affirme ainsi que les chrétiens peuvent jouer un rôle important pour le rétablissement de la paix, il souligne que la reprise du dialogue ne pourra se faire qu’après la cessation définitive des violences du côté palestinien. «Je veux croire que la reprise du dialogue soit encore possible», a affirmé Ariel Sharon, tout en poursuivant que «face à des actes de violence, de terrorisme, l’Etat d’Israël a le droit de recourir à l’autodéfense comme le ferait n’importe quel pays».
Réagissant aux différents appels de Jean Paul II pour la paix, le Premier ministre israélien a expliqué, «le pape demande à ce que la culture de la paix prévale sur l’incitation à la haine et à l’exclusion, et l’Autorité palestinienne doit donc cesser les incitations à la violence et arrêter d’éduquer ses propres enfants à la haine. Je m’unis à l’appel de Jean Paul II, a-t-il poursuivi, de manière à ce que les religions deviennent des moyens de rapprochement des cœurs et de restauration de la paix».
Quid de la liberté d’accès aux lieux saints ?
Ariel Sharon a, par ailleurs, tenu à rappeler qu’en 1967, la Knesset, le Parlement israélien, a adopté une loi pour garantir le libre accès des croyants aux lieux saints et la liberté de culte. «Je vais faire mon possible pour respecter et renforcer cette liberté, a-t-il affirmé, à condition évidemment, que les questions relatives à la sécurité et à l’ordre publique la rendent possible.»
Rappelons que ni les communautés chrétiennes de Jérusalem, ni le Vatican, ni l’ensemble de la communauté internationale ne reconnaissent l’annexion par Israël de la partie arabe de Jérusalem, où se trouvent les lieux saints des trois religions monothéistes, et que l’occupation israélienne de Jérusalem-Est est déclarée par l’ONU contraire au droit international. Les responsables religieux palestiniens – musulmans et chrétiens – déplorent le bouclage permanent des territoires occupés et le non accès des fidèles aux lieux saints de Jérusalem.
En conclusion, Ariel Sharon conditionne l’existence d’une souveraineté palestinienne sur les territoires occupés – qu’il appelle «entité palestinienne» – à l’abandon, par l’Autorité palestinienne, «de la voie du terrorisme et à la reconnaissance du droit des juifs à posséder un Etat juif démocratique et indépendant, de la même manière qu’Israël a reconnu le droit des peuples arabes à l’autodétermination». (apic/imed/mk/be)



