Ils émigrent en espérant trouver de meilleures perspectives

Israël: Les chrétiens doivent avoir le courage de rester en Terre sainte, unis, affirme le pape

Nazareth, 15 mai 2009 (Apic) Benoît XVI a exhorté les chrétiens à avoir le courage de rester en Terre sainte et de demeurer unis, lors des vêpres célébrées dans la basilique de la Nativité à Nazareth, jeudi soir 14 mai. Devant des évêques, prêtres et religieux de Galilée, le pape a considéré les chrétiens du Moyen-Orient comme des «artisans d’une réconciliation véritable» entre les 3 grandes religions monothéistes.

Dans l’Etat d’Israël et dans les Territoires palestiniens, les chrétiens sont une minorité, a ainsi rappelé Benoît XVI dans son homélie, et un grand nombre d’entre eux ont émigré, «espérant trouver ailleurs plus de sécurité et de meilleures perspectives».

Devant les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses, les mouvements ecclésiaux et les responsables pastoraux de Galilée, le pape a alors lancé un appel aux chrétiens de Terre sainte: «ayez le courage d’être fidèles au Christ et de demeurer ici, sur cette terre qu’il a sanctifiée par sa présence !» «Vous avez un rôle à jouer dans le plan de salut de Dieu», a renchéri le pape, les épaules recouvertes d’un pluvial doré, «en rendant le Christ présent dans le monde, en étant ses témoins, et en répandant son message de paix et d’unité».

«Pour cela, il est essentiel que vous soyez unis entre vous», a prévenu le pape, pour qui l’unité dans la foi, l’espérance et l’amour des chrétiens de Terre sainte rend ceux-ci «capables d’être des instruments efficaces de la paix de Dieu, pour être les artisans d’une réconciliation véritable entre les différents peuples qui reconnaissent en Abraham leur père dans la foi».

Maintenir les chrétiens «ancrés en Terre sainte»

Au début de la célébration, dans son intervention, Mgr Paul Nabil El-Sayah, archevêque maronite d’Haïfa et de Terre sainte, en charge de la pastorale de la famille, avait mentionné les efforts du clergé pour «maintenir les chrétiens ancrés» en Terre sainte. Quelques minutes avant la célébration des vêpres, le pape était descendu dans la basilique inférieure du sanctuaire de Nazareth, dans la grotte de l’Annonciation, accompagné par le ministre général des franciscains. La congrégation des frères mineurs est en effet en charge de ce lieu saint. JB/CP

Encadré

Avec les responsables de différentes religions, Benoît XVI prie pour la paix

Au terme d’une rencontre avec les responsables de différentes religions en Galilée, à Nazareth, Benoît XVI a prié pour la paix en tenant les mains d’un rabbin et d’un druze, dans l’après-midi du 14 mai 2009. Ce geste inédit d’un pape habituellement réservé et peu enclin au syncrétisme est, sans aucun doute, l’une des images les plus fortes du voyage en Terre sainte qu’il achève ce vendredi 15 mai.

Dans l’auditorium du sanctuaire de l’Annonciation de Nazareth, lors d’une rencontre avec les responsables religieux de Galilée, un représentant juif a ainsi proposé au pape une prière pour la paix sous forme d’un chant contenant les mots «Salam, Shalom, Lord grant us peace». Le responsable juif a chanté en hébreu, en arabe, en anglais, en latin et en allemand. Au bout d’un moment, Benoît XVI, particulièrement souriant, s’est mis à chantonner cette prière.

Puis, dans un geste inédit, le pape s’est levé avec l’ensemble de ses voisins, tenant par la main le chef des druzes d’Israël et le rabbin David Rosen, président de l’»International Jewish Committee on Interreligious Consultations». Ce geste n’était pas prévu, a ensuite indiqué à la presse le Père Federico Lombardi. Le porte-parole du Vatican a également confié qu’il s’agissait, à ses yeux, d’une «belle improvisation».

«Nos traditions religieuses, avait auparavant soutenu Benoît XVI devant les responsables religieux de Galilée, ont chacune un puissant potentiel pour promouvoir une culture de paix, en particulier par l’enseignement et la prédication des valeurs spirituelles les plus profondes de notre commune humanité». Après avoir assuré qu’en formant le coeur des jeunes les religions peuvent former l’avenir de l’humanité elle-même, le pape a indiqué que «les chrétiens s’unissent volontiers aux juifs, aux musulmans, aux druzes et aux membres d’autres religions dans le désir de protéger les enfants contre le fanatisme et la violence, tout en les préparant à être les bâtisseurs d’un monde meilleur».

Mettant régulièrement en garde contre le relativisme et le syncrétisme, Benoît XVI n’est jamais apparu comme un grand amateur des gestes interreligieux et des prières en commun. En octobre 1986, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, s’était gardé de participer à la rencontre interreligieuse de prière pour la paix organisée à Assise à l’initiative de Jean Paul II. A l’époque, il n’avait pas caché ses réserves devant ces rencontres interreligieuses. S’il n’avait pas participé à la rencontre de 1986, il avait cependant fait partie du voyage en janvier 2002, lors du deuxième rassemblement organisé autour de Jean Paul II. (apic/imedia/cp/ami/be)

15 mai 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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