Près de la moitié des 1’300 morts sont des enfants et des femmes

Israël: Les dirigeants israéliens se préparent à affronter des procès pour crimes de guerre

Tel Aviv, 19 janvier 2009 (Apic) Les dirigeants israéliens se préparent à affronter une vague d’actions en justice pour crimes de guerre commis contre la population civile de Gaza, révèle lundi 19 janvier la presse israélienne. Des ministres israéliens ont exprimé de sérieuses craintes ces derniers jours sur la possibilité qu’Israël soit contraint d’accepter une enquête internationale sur les pertes subies par les civils non combattants durant l’opération «Plomb durci».

La sanglante opération israélienne a coûté, pour le moment, la vie à plus de 1’300 Palestiniens – pour une bonne moitié de civils, dont au moins 410 enfants et 108 femmes -, fait au moins 5’000 blessés, détruit plus de 4’000 bâtiments et sévèrement endommagé plus de 20’000 autres, sans parler des dizaines de milliers de sans abris.

Les milieux gouvernementaux israéliens craignent que les dirigeants puissent être amenés à faire face à des inculpations personnelles pour crimes de guerre. Ces actions judiciaires pourraient notamment être lancées par des organisations pro-palestiniennes dans divers pays. Elles viseraient les Israéliens impliqués dans les bombardements de Gaza, étant donné les graves dommages causés à la population civile et à ses biens.

Le journal «Haaretz» remarque que les journalistes étrangers, interdits de faire leur travail durant l’opération «Plomb durci», vont désormais entrer dans Gaza et pourront informer sur ses conséquences. «Ils ne seront plus accompagnés par des responsables israéliens ou des porte-parole», peut-on lire dans le journal, en rappelant le contrôle de l’information durant l’épisode de la destruction du camp de réfugiés de Jénine au mois d’avril 2002 au cours de l’opération «Bouclier Défensif».

S’attendant à ce type de plaintes devant la justice, les milieux de la défense israéliens ont déjà commencé à récolter du matériel, notamment en ce qui concerne la destruction des maisons privées de Gaza. Les «Forces de défense israéliennes» rassemblent les preuves que ces maisons «abritaient des armements» et des informations sur les lieux d’où étaient lancées les fusées Qassam.

Le Ministre Herzog: chargé de l’aide humanitaire et des relations publiques

Le ministre israélien des Affaires sociales, Isaac Herzog, du parti travailliste, a été chargé de coordonner à la fois l’»aide humanitaire» à Gaza et le travail de relations publiques d’Israël face aux accusations de crimes de guerre. Les ministères israéliens du Bien-être et de la Santé, dans un communiqué conjoint, ont déclaré dimanche vouloir ouvrir un centre médical d’urgence à la frontière avec la bande de Gaza pour fournir des soins aux Palestiniens blessés. Le centre, qui se trouve au passage frontalier d’Erez, «a pour vocation de soigner les civils blessés venant de Gaza». Le communiqué israélien révèle que «les hôpitaux israéliens se préparent à accueillir ces nouveaux patients venant de Gaza».

Du point de vue juridique, Israël va argumenter qu’il a agi à Gaza pour son autodéfense et qu’il a mené une «guerre justifiée contre la terreur». Bien qu’il ait bombardé des cliniques, des hôpitaux, des écoles de l’ONU clairement identifiés, le gouvernement israélien souligne que les objectifs attaqués étaient des objectifs militaires.

L’establishment israélien affirme qu’il a fait de «grands efforts en avertissant les résidents que leurs maisons allaient être prises pour cibles et en leur ordonnant de les évacuer» en utilisant des messages, des tracts largués depuis le ciel, et fait un «quart de million d’appels téléphoniques pour avertir les résidents de Gaza», sans parler des avertissements lancés en détournant les stations de radio palestiniennes, écrit «Haaretz». Les officiels israéliens pensent que le plus grand danger viendra des actions en justice menées par des individus et des organisations, plutôt que des gouvernements cherchant à mettre sur pied des enquêtes officielles. (apic/haar/be)

19 janvier 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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