Israël: Mgr Michel Sabbah demande un acte de courage de la part des Israéliens

«L’occupation des territoires est à la racine du conflit»

Jérusalem, 12 décembre 2001 (APIC) Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, soutient que l’Etat d’Israël doit poser un acte de courage et prendre ses responsabilités dans le conflit du Moyen-Orient qui, selon lui, ne pourra se résoudre sans le retrait des territoires palestiniens. Par ailleurs, il craint que les rabbins d’Israël ne puissent lancer un appel dans ce sens car ils iraient à contre courant de l’opinion publique israélienne.

Dans une interview à l’hebdomadaire italien Famiglia Cristiana qui sort le 13 décembre, jour de la rencontre des chefs religieux chrétiens de la Terre Sainte au Vatican avec Jean Paul II, Mgr Michel Sabbah a tout d’abord condamné «avec vigueur les attentats et les représailles dont sont victimes les deux parties» et a souligné que seul «un acte de courage pourra arrêter ce cycle de violence».

Il s’est alors tourné vers l’Etat d’Israël qui porte «la plus grande responsabilité, car à l’origine de tant de souffrances, il y a l’occupation par Israël des territoires palestiniens.» Pour lui, il s’agit d’une «occupation cruelle qui humilie les Palestiniens, détruit les maisons, limite la circulation, bloque l’activité économique, provoquant ainsi la misère et les frustrations».

«Au lieu de s’impliquer seulement dans la chasse aux extrémistes palestiniens, a-t-il prévenu, Sharon ferait mieux de regarder en face la réalité de l’occupation et chercher des voies politiques pour y mettre fin. Le gouvernement israélien doit comprendre qu’en maintenant l’occupation, il ne protège pas son propre peuple». «Il est vrai qu’Israël a le droit à l’autodéfense, a poursuivi le patriarche, mais non pas celui de s’exposer à plus de violence. Et le droit à l’autodéfense ne peut être accepté quand des civils innocents sont tués».

S’attaquer à la cause de la violence

Mgr Sabbah a ensuite regretté que «la communauté internationale et ceux qui se posent comme médiateurs ne prennent pas assez en considération le fait que l’occupation des territoires est à la racine du conflit. Il semble au contraire qu’ils négligent cette cause principale et condamnent la violence venant d’une seule des parties».

Sur le rôle des chefs religieux dans la résolution du conflit, Mgr Sabbah a souligné qu’ils peuvent, comme il le fait dans cette interview, «lancer des appels pour que cesse la violence. Tout en se souvenant que la violence est un effet et qu’il convient donc de s’attaquer à la cause». Interrogé sur le fait de savoir si les chefs religieux juifs lancent aussi des appels dans ce sens, il a affirmé qu’ils «font partie du système et qu’il est donc difficile pour eux de prendre des distances».

Ainsi, pour le prélat, un appel commun des chefs religieux chrétiens et juifs «autre qu’un pacifisme générique», n’est pas possible. Car Mgr Sabbah ne croit pas «qu’ils puissent demander le retrait des territoires palestiniens. Ils iraient ainsi à contre courant de ce que pense la majorité de l’opinion publique israélienne». «Nous sommes dans un puits, a- t-il conclu, et nous prions Dieu afin qu’il nous tende la main pour en sortir». (apic/imed/mk)

12 décembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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