Le processus de paix est en danger

Israël-Palestine: Pas de voyage du pape en Terre Sainte dans les conditions actuelles

Rome, 13 mai 1998 (APIC) Les conditions pour une visite pastorale de Jean Paul II en Terre Sainte à l’occasion du Grand Jubilé de l’an 2’000 – dont le pape a exprimé l’ardent désir à plusieurs reprises – ne sont actuellement pas réunies, a laissé entendre mercredi le ministre des affaires étrangères du Vatican, Mgr Jean-Louis Tauran.

Le Secrétaire pour les Relations avec les Etats, son vrai titre, s’exprime sur la diplomatie du Vatican dans une longue interview publiée le 13 mai par le quotidien italien «La Repubblica», à la veille de la clôture du Synode sur l’Asie. Abordant la question du Moyen Orient, Mgr Tauran ne cache pas l’inquiétude du Vatican face au gel du processus de paix israélo-palestinien, car «un peuple frustré est victime des tentations de l’extrémisme». «Si le processus de paix devait échouer, il serait difficile, pour de longues années, de mobiliser l’opinion publique des pays arabes et des leaders arabes modérés, en faveur de quelque initiative de paix que ce soit».

Mgr Tauran exclut un voyage de Jean Paul II en Terre Sainte dans les conditions actuelles: «Le pape se déplace comme pèlerin et ne peut y aller si sa visite n’est pas synonyme de paix et de rencontre entre les peuples et les croyants. Actuellement, ce ne serait pas le cas. Pour demain: nous espérons».

Non aux prétentions exclusives d’Israël sur Jérusalem

Par ailleurs, Mgr Tauran, répète une nouvelle fois la position du Vatican pour le Moyen Orient. Rome souhaite vivement que soit mis un terme au conflit entre Israéliens et Palestiniens et redit son refus des prétentions exclusives d’Israël sur Jérusalem. «Nous demandons à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités pour préserver le caractère sacré et unique de la Cité Sainte. (…) Le Saint-Siège continue de demander un statut spécial, internationalement garanti.»

Le Saint-Siège, comme la communauté internationale, refuse donc d’avaliser l’annexion par Israël de la partie arabe de Jérusalem, proclamée par une «loi fondamentale» de 1980 «capitale éternelle» de l’Etat juif. Du côté palestinien – les conseillers du pape sont très au fait de la situation – la visite du pape est évidemment souhaitée, car elle redonnerait courage et espérance à la petite minorité chrétienne de Terre Sainte tentée par l’émigration. Mais les responsables politiques palestiniens – dont certaines personnalités chrétiennes en vue – sont d’avis que l’atmosphère actuelle, avec le blocage du processus de paix et la politique provocatrice de colonisation menée par le gouvernement Netanyahou, n’est pas propice à une telle visite et «nuirait plutôt aux intérêts des chrétiens vivant en Terre Sainte». (apic/imedia/be)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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