Une brèche dans le monopole des religieux orthodoxes

Israël: Premier enterrement non religieux dans un cimetière public

Beersheva, 5 mars 1999 (APIC) Israël a connu jeudi son premier enterrement non religieux dans un cimetière public de Beersheva, à la grande joie des milieux juifs laïcs, mais au grand dam des milieux orthodoxes. L’ensevelissement de Yaacov et Hanna Ravervi, mis en terre dans des simples cercueils de bois et dans la même tombe, a eu lieu dans une section du cimetière acquis par l’organisation «Menuha Nehona», dont le but est d’offrir des alternatives au monopole orthodoxe.

En l’absence de prières, seuls des poèmes ont été récités par le professeur Boaz Moav, qui dirigeait la cérémonie. Décédés à deux semaines d’intervalle il y a deux ans déjà, les deux époux enterrés jeudi avait fait don de leur corps à la science. Ils n’ont pu être ensevelis que maintenant qu’existe un cimetière séculier, relève le quotidien israélien «The Jerusalem Post» dans son édition de vendredi.

Le nouveau cimetière a été consacré cette semaine comme cimetière juif par le rabbin Gila Dror, leader spirituel de la communauté juive conservatrice de Beersheva. Le cimetière a deux sections, une traditionnelle, où les juifs sont enterrés au cours d’une cérémonie religieuse, et une section profane, qui autorise non seulement les tombes de juifs laïcs, mais également celle de non juifs.

Pas de place pour les morts au judaïsme «douteux»

Il est encore aujourd’hui très difficile en Israël de trouver des emplacements pour enterrer ceux dont le judaïsme est jugé «douteux», c’est-à-dire non conforme à la loi juive. Un qualificatif qui vise en premier lieu les immigrants des pays de l’Est dont des dizaines de milliers ont été baptisés ou sont de mère chrétienne. Le rabbin Uri Regev, responsable du Centre d’Action Religieuse du mouvement des juifs réformés en Israël, – qui milite contre le monopole religieux des juifs orthodoxes – a déclaré que son mouvement allait enterrer les couples ensemble, même si l’un des deux époux n’est pas juif. Une volonté qui heurte les conservateurs, pourtant plus ouverts que les orthodoxes, qui refusent de mélanger juifs et non juifs dans les cimetières.

Jusqu’à présent, ceux qui voulaient un enterrement séculier devaient payer très cher (plusieurs milliers de francs) un emplacement dans un kibboutz qui autorise cette pratique. Pour les promoteurs des enterrements laïcs, le combat n’est pas encore terminé: des grandes villes comme Jérusalem, Tel Aviv ou Haïfa n’offrent pour le moment aucun cimetière alternatif. (apic/jpost/be)

5 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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