Les Etats-Unis doivent être moins partisans en faveur d’Israël

Israël: Soutien d’œuvres d’entraide chrétiennes à la création d’un Etat palestinien

Jérusalem, 7 novembre 2000 (APIC) Des associations et œuvres d’entraide chrétiennes, qui se sont rendues en mission en Terre Sainte du 27 septembre au 16 octobre en Terre Sainte, ont vivement critiqué le gouvernement israélien pour la manière avec laquelle il traite les civils palestiniens. Dans un rapport rédigé à cette occasion, les organisations chrétiennes relancent l’idée de négociations internationales, en demandant à l’Union Européenne de s’engager davantage et aux Etats-Unis d’être moins partisans en faveur d’Israël.

L’agence missionnaire vaticane «Fides», qui publie ce document en ce moment de «tension très grande et de peu d’espérances» en Terre Sainte, écrit qu’après plus d’un mois écoulé depuis l’explosion de la nouvelle crise, Jérusalem est désormais une ville fantôme. Après la voiture piégée qui a explosé dans la zone peuplée de Mehane Yehuda le 2 novembre, dans la partie ouest de la Vieille Ville, on a procédé à des illuminations outre mesure: pour des raisons de sécurité, le gouvernement a fait installer des caméras de télévision à tous les coins de rue, mais les rues sont désertes. «Des sources israéliennes juives ont témoigné à Fides que l’intérieur de plusieurs synagogues, dont celle de Efrat près de Bethléem, a été souillé avec des inscriptions en arabe à la louange du Hezbollah et du nazisme. Ces mêmes sources déclarent que «la population israélienne, même si elle ne désire pas la guerre, est pessimiste sur la possibilité de dialogue avec les Palestiniens». Quant à la population palestinienne, «on sent grandir chez elle des sentiments de frustration et de désespoir».

Parti pris américain: l’Europe doit s’engager davantage

«Les derniers événements marquent un tournant dans le processus de paix. Il sera impossible de retourner au cadre des Accords d’Oslo. Nous sommes convaincus que, au cœur du problème, il y a l’autodétermination et l’indépendance du peuple palestinien», déclare le rapport élaboré par une délégation de Bread for the World (Pain pour le Monde), EZE (Allemagne), Christian Aid (Grande-Bretagne), Church of Sweden Aid (Suède), Dan Church Aid (Danemark), ICCO (Hollande) et Inter Church Action (Canada).

La délégation a visité Israël et les Territoires occupés et rencontré des membres des Eglises, des militants des droits de l’homme, israéliens et palestiniens, du personnel médical, des témoins oculaires des violences. D’après la délégation, le peuple palestinien subit la violence excessive des forces armées israéliennes et des colons israéliens qui agissent sous la protection de l’armée. Cette violence est souvent dirigée contre des civils: «Nous avons vu

de nos propres yeux la violence exercée contre des enfants palestiniens, blessés et tués». Pour les enfants en vie, les effets psychologiques sont «désastreux».

La délégation exprime sa préoccupation face à l’écroulement de l’économie palestinienne et au blocus de tous les programmes de développement. Elle note aussi l’impact négatif des actes de violence des Palestiniens, notamment la destruction de la Tombe de Joseph et le lynchage de deux soldats israéliens à Ramallah. «Ils ont touché l’opinion publique mondiale, en mettant sur le même plan la violence exercée par les deux parties, et en comparant la violence contre Israël avec la violence, beaucoup plus grande, subie par les Palestiniens», écrit la délégation.

Etre libérés de la peur

«Les Palestiniens dans les Territoires occupés, poursuit le rapport, demandent de mener une vie normale et d’être libérés de la peur. Les sept années écoulées depuis les Accords d’Oslo ne leur ont pas redonné la tranquillité. Israël a continué à contrôler de nombreux domaines de la vie, et à empêcher la liberté de mouvement. Seuls 11 % de la rive occidentale du Jourdain (Westbank/Cisjordanie) et 60 % de la Bande de Gaza sont sous le contrôle total des Palestiniens. Depuis 1993, il y a eu une expansion constante de colons illégaux dans les territoires occupés. A la fin de l’année dernière, il y avait 158 implantations en Cisjordanie, 16 à Jérusalem Est, 19 à Gaza.

La délégation a rencontré des Israéliens qui travaillent pour la paix, mais qui, à l’intérieur d’Israël, connaissent l’isolement et les menaces: «Ils nous ont vivement invités, précise le rapport, à défendre l’idée que la paix ne peut être obtenue que par le respect de la loi internationale… La communauté internationale a sa part de responsabilité dans l’échec de la plate-forme d’Oslo: elle a permis à Israël de poursuivre sa politique d’occupation et n’a pas fait respecter les résolutions de l’ONU 192, 242, 338. Il est urgent que commencent de nouvelles négociations qui incluent également l’Union Européenne et le Canada, parce que les Etats-Unis ne peuvent pas se considérer comme un médiateur neutre entre les parties. Les négociations doivent se concentrer sur l’application des résolutions de l’ONU.» (apic/cip/fides/be)

7 novembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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