Israël: Un site internet du Ministère des Affaires étrangères à l’occasion de la visite du pape

«Le plus grand rassemblement de chrétiens en Terre Sainte»

Jérusalem, 5 mai 2009 (Apic) A l’occasion de la visite du pape Benoît XVI en Israël la semaine prochaine, le Ministère israélien des Affaires étrangères a lancé un site internet dédié à la visite du pape.

Accessible en français – mais également en hébreu, en anglais, en espagnol, en portugais, en polonais, en italien et en allemand – à l’adresse www.mfa.gov.il/popeinisrael, il présente des informations sur le pèlerinage du pape, les relations diplomatiques entre Israël et le Vatican, le pape Benoît XVI et les relations entre catholicisme et judaïsme, les relations entre juifs et arabes israéliens, les communautés chrétiennes en Israël et les lieux saints chrétiens du pays.

Le site fournit aussi le programme du souverain pontife en Israël: arrivée et cérémonie officielle de bienvenue lundi 11 mai, en présence du président israélien Shimon Pérès. Lors d’une réception à la résidence du président israélien, le pape se verra remettre un cadeau original: un texte de la Bible juive de 300’000 mots en hébreu gravé sur une particule de silicone de la taille d’un grain de sable, une prouesse de la nanotechnologie.

Le pape se rendra ensuite au mémorial de la shoah de Yad Vashem. Le 12 mai, le pape restera à Jérusalem, où il célébrera une messe dans la vallée du Cédron.

Il visitera l’Esplanade des Mosquées et rencontrera avec le Grand Mufti de Jérusalem. Il visitera également le Mur des lamentations (Mur occidental), accompagné par les Grands Rabbins d’Israël, avant d’avoir un entretien avec eux à la synagogue Heikhal Shlomo. Une visite au Cénacle, site de la dernière Cène de Jésus, et une célébration de l’eucharistie sont prévues, puis une visite de la basilique de Gethsémani et une messe solennelle dans la vallée du Cédron l’après-midi. Il ne devrait pas y avoir plus de quelque 5000 fidèles à la messe de Jérusalem, le lieu choisi ne permettant pas d’en accueillir plus.

40’000 chrétiens attendus à la messe du pape à Nazareth

Le mercredi 13 mai, le pape sera à Bethléem, où il célébrera la messe sur la place de la Mangeoire, et le lendemain, le 14 mai, il sera à Nazareth, où il dira la messe au Mont du Précipice, où 40’000 chrétiens sont attendus, puis visitera la basilique de l’Annonciation (*). Le vendredi 15 mai, le pape visitera la basilique du Saint-Sépulcre en Vieille Ville de Jérusalem, avant d’assister en compagnie du président Shimon Pérès à la cérémonie officielle d’adieu à l’aéroport international Ben-Gurion. JB

(*) Nazareth a environ 75’000 habitants, dont 35’000 sont des chrétiens. Avec les paroisses environnantes, on compte dans cette région quelque 50’000 chrétiens, soit la plus grande concentration de chrétiens de toute la Terre Sainte. Israël compte au moins 120’000 chrétiens arabes, sans parler de ceux qui auront la permission de venir des Territoires palestiniens au-delà du «mur de séparation». Il y aura également, note Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, évêque auxiliaire du patriarcat latin à Nazareth, outre les près de 40’000 chrétiens locaux attendus, quelques chrétiens d’origine juive et des chrétiens russes, ainsi que des immigrés philippins et autres travailleurs étrangers chrétiens résidant en Israël, sans oublier certainement aussi quelques groupes de pèlerins. «40’000 chrétiens locaux réunis ici, ce serait le plus grand rassemblement de chrétiens de l’histoire de la Terre Sainte», précise cet évêque d’origine italienne entré tout jeune au petit séminaire de Beit-Jala, près de Bethléem, avant d’être ordonné prêtre par le patriarche latin de Jérusalem Alberto Gori en 1969. JB

Encadré

A la fondation de l’Etat d’Israël, beaucoup de chrétiens ont dû prendre la route de l’exil

En 1948, date de la fondation de l’Etat d’Israël, les chrétiens ont dû en grand nombre prendre la route de l’exil, pour se réfugier au Liban, en Jordanie, en Syrie, et dans les territoires palestiniens. «Nous étions 75% de chrétiens à Nazareth, plus que 35% aujourd’hui. A Bethléem, c’est encore pire, il ne reste plus que 25% de chrétiens», affirme Mgr Marcuzzo. Cet Italien né en 1945 à San Paolo di Piave, en Vénétie, s’est parfaitement identifié au sort des chrétiens locaux, qui ne se sentent pas traités comme des citoyens israéliens à part entière. Mgr Marcuzzo, interrogé l’an dernier sur l’Accord fondamental entre Israël et le Saint-Siège signé en décembre 1993, déplorait qu’après tant d’années le «Concordat par étapes» visant à doter l’Eglise de Terre Sainte de ses droits essentiels nécessaires pour développer sa vie et ses oeuvres ne s’était pas encore concrétisé dans la législation israélienne. JB

Encadré

Bethléem: Le pape ne sera pas reçu devant le mur de séparation, Israël l’interdit

Les pressions israéliennes ont porté leurs fruits: le pape Benoît XVI ne sera pas accueilli dans le camp de réfugiés d’Aida, à Bethléem, mercredi 13 mai, sur une plateforme érigée devant le haut mur qui sépare la population de Bethléem de celle de Jérusalem. L’armée israélienne est venue sur place dire au comité d’organisation que le camp de réfugiés palestinien est situé dans la «zone C», c’est-à-dire sous contrôle civil et militaire israélien, ce qui nécessite un permis spécial pour accueillir le pape et organiser la célébration. Les Palestiniens voulaient faire de cette image du pape devant ce mur de huit mètres de haut le symbole de leur enfermement. La cérémonie d’accueil a été déplacée sur le terrain de basket d’une école, selon Majdi Sirjani, responsable de l’Eglise locale pour l’étape de Bethléem.

Les habitants du camp de réfugiés sont «très déçus» par cette décision, a pour sa part affirmé Salah Ajarma, du comité de préparation. Seuls 200 habitants de ce camp de 5’000 personnes (où ne vivent que 14 familles chrétiennes) – des descendants des réfugiés de 1948 – pourront se rendre sur la petite place de sport, faute d’espace. Les strictes mesures de sécurité permettront à peine à la population de saluer le chef de l’Eglise catholique quand il passera dans la rue, se plaignent les habitants. Au camp d’Aida, Benoît XVI sera accompagné par le président palestinien Mahmoud Abbas. JB

Encadré

Le pape recevra «une clef du retour», symbole du drame des réfugiés palestiniens

Une exposition sur la situation des Palestiniens a été organisée à l’occasion de la visite du pape à Bethléem. Il est prévu que le pape recevra alors une chaîne avec «une clef du retour», symbolisant le lien entre les clefs de saint Pierre et la clef de leur maison que les réfugiés palestiniens emmenaient avec eux lors qu’ils furent forcés de fuir ou furent expulsés par les forces israéliennes. La clef est le symbole de leur rêve de retourner un jour sur leur terre. Le pape recevra également une carte de la Palestine sculptée dans un rocher du lac de Tibériade.

Yasser Abou Saymeh, un calligraphe musulman âgé de 51 ans, a également été chargé par le maire chrétien de Bethléem Victor Batarseh d’écrire et d’orner une copie de l’Evangile de saint Luc en caractères arabes, richement décorée. Cet ouvrage, dont le contenu a été vérifié par un prêtre local, sera offert en cadeau au pape Benoît XVI. Le maire Victor Batarseh dit avoir choisi l’artiste Abou Saymeh pour son talent, mais aussi «pour envoyer un message de coexistence pacifique interreligieuse», car le monde doit savoir que Bethléem est la ville, aujourd’hui à plus de trois quarts musulmane, où le christianisme est né, mais aussi un «lieu de relations fraternelles entre musulmans et chrétiens».

Une polémique existe dans certains milieux palestiniens, qui craignent que cette visite du pape en Terre sainte soit exploitée par Israël et qui sont frustrés que le pape ne se rende pas à Gaza, dans une ville en partie détruite par les sanglants bombardements de la dernière offensive israélienne et par un embargo qui dure depuis des années et qui rend ce territoire de près d’un million et demi d’habitants exsangue. A Bethléem, par contre, le sentiment est à la joie de rencontrer le pape, ce qui devrait permettre également d’attirer l’attention sur la difficile situation de cette population encerclée par un mur de huit mètres de hauteur. JB

Encadré

Mgr Kurt Koch et Mgr Robert Zollitsch seront à Bethléem

Les présidents des Conférences épiscopales suisse et allemande, Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, et Mgr Robert Zollitsch, évêque de Fribourg-en-Brisgau, seront le 13 mai à Bethléem, où ils rencontreront le pape Benoît XVI au Caritas Baby Hospital, un hôpital pour enfants soutenus par les chrétiens de Suisse et d’Allemagne. Ils y salueront, en tant que protecteurs du Caritas Baby Hospital, le pape et le président palestinien Mahmoud Abbas. Selon l’organisation «Secours aux enfants Bethléem» à Lucerne, les deux évêques soutiennent depuis longtemps le travail qui se mène en faveur des enfants palestiniens et de leurs mères depuis bientôt 60 ans avant tout dans la région de Bethléem et d’Hébron. Cette institution prend en charge chaque année plus de 30’000 enfants de façon ambulatoire ou stationnaire. (apic/com/haar/jpost/kna/be)

5 mai 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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