David Lévy: Israël ne fomente pas la discorde islamo-chrétienne
Israël-Vatican: La tension monte après la ferme condamnation du Vatican
Jérusalem, 24 novembre 1999 (APIC) Le ministre israélien des Affaires étrangères David Lévy a vivement rejeté mercredi la «déclaration très grave» du Vatican selon laquelle Israël fomente les divisions entre chrétiens et musulmans. En permettant la construction d’une mosquée à Nazareth, affirment les autorités, Israël voulait tout simplement contribuer à la coexistence pacifique entre les trois grandes religions. Le Premier ministre israélien Ehud Barak a tenu à assurer que la mosquée n’est pas une menace contre les autres religions.
La tension est encore montée d’un cran dans les relations entre Israël et le Vatican après la ferme condamnation, mardi, par le porte-parole du Saint-Siège, de l’autorisation donnée par le gouvernement israélien aux islamistes de Nazareth de construire une mosquée près de la Basilique de l’Annonciation. Sur place, après deux jours de fermeture, les principaux lieux saints chrétiens de Terre Sainte ont été rouverts pour les pèlerins et les touristes.
Les lieux saints rouverts «jusqu’à nouvel ordre’’
Les églises chrétiennes en Israël, à Jérusalem et dans les territoires palestiniens ont rouvert mercredi leurs portes. Un porte-parole du Patriarcat latin de Jérusalem, confirmant la nouvelle que «tous les lieux saints ont été rouverts», a précisé «jusqu’à nouvel ordre’’. Ce qui signifie qu’une telle mesure de protestation – unique dans l’histoire récente en Terre Sainte – pourrait un jour être reconduite, si Israël continue de ne pas tenir compte des objections chrétiennes.
Il semble cependant que le gouvernement d’Ehud Barak – vivement critiqué par l’opposition de droite pour avoir mal géré ce dossier – ne soit pas prêt à reconnaître avoir fait fausse route. Il estime avoir contribué, avec l’autorisation donnée au puissant mouvement islamiste israélien, à apaiser les tensions entre les communautés religieuses. Mercredi en effet, David Lévy a rejeté la «déclaration très grave» du Vatican – la plus sévère depuis l’établissement des relations diplomatiques avec Israël en 1994 -, affirmant que les efforts israéliens avaient pour but de «réduire et de calmer les tensions entre les communautés religieuses, en particulier à Nazareth.»
Ehud Barak a pris la défense de son gouvernement en affirmant que la Commission spéciale en charge du dossier avait agi avec «beaucoup de sensibilité et de compréhension». «Nous n’avons absolument pas conspiré avec les musulmans contre les chrétiens.»
Une déclaration vaticane «sans fondement»
Reconnaissant que la déclaration vaticane exprimait peut-être une sorte de colère, David Lévy affirme – contrairement aux faits – «qu’à notre meilleure connaissance, cette mesure a été prise avec l’accord de toutes les parties, et c’est en fait le cas, alors cette déclaration sans fondement contredit les faits.» En réalité, le Vatican et les Eglises locales sont intervenues à de nombreuses reprises pour mettre en garde le gouvernement israélien contre la tentation, pour des motifs politico-électoraux – apprivoiser le puissant mouvement islamique israélien – de céder aux islamistes de Nazareth. Ces derniers ont illégalement occupé pendant deux ans le square près de la Basilique de l’Annonciation. Les responsables chrétiens ont parlé à ce propos d’encouragement donné aux actes illégaux, «récompensant la violence».
La décision du gouvernement israélien de proposer un «compromis» allant dans le sens des revendications islamistes – contre l’avis du Vatican, des Eglises chrétiennes locales et de l’Autorité Palestinienne – a provoqué un net refroidissement dans les relations entre le Vatican et le Saint-Siège, alors que Jean Paul II est attendu en Terre Sainte en mars prochain. Le Patriarche latin, Mgr Michel Sabbah, s’est refusé à se prononcer sur les éventuelles conséquences de la dispute actuelle sur la visite du pape à l’occasion du Grand Jubilé de l’an 2000. (apic/jpost/haar/bbc/be)




