Pas une authentique demande de pardon aux juifs

Israël: Voix critiques et contrastées du côté de Jérusalem

Jérusalem, 16 mars 1998 (APIC) La déclaration du Vatican condamnant l’antisémitisme et l’antijudaïsme a suscité des voix critiques et des commentaires «prudents» du côté de Jérusalem. Expert israélien reconnu en matière de relations avec le monde chrétien, Ithzak Minervi s’est déclaré «peu enthousiaste», car pour lui, le document du Vatican est une tentative de défendre la mémoire du pape Pie XII.

Ithzak Minervi, qui fut directeur de la section pour les affaires chrétiennes au Ministère israélien des Affaires étrangères, affirme que le pape s’est tu durant toute la 2ème guerre mondiale et qu’il n’a rien dit sur l’Holocauste. L’expert israélien déplore que l’Eglise en tant qu’institution ne reconnaît aucune faute, tous les manquements devant être mis sur le compte de ses «fils égarés ou de chrétiens isolés», tandis que les institutions ecclésiales et les enseignements de l’Eglise resteraient «purs et propres».

L’»unicité» de la shoah en question

Ithzak Minervi estime aussi que le document du Vatican ne contient pas d’authentique demande de pardon aux juifs, mais exprime seulement des regrets sur les brebis égarées de l’Eglise. Il critique aussi le fait que nulle part la shoah n’est présentée comme un fait «unique». En mentionnant les massacres infligés aux Arméniens, aux Ukrainiens ou à d’autres peuples, le pape relativise l’holocauste juif, affirme I. Minervi.

Israel Lippel, ancien directeur au Ministère israélien des affaires religieuses et directeur d’un institut œcuménique à Jérusalem, estime pour sa part que la déclaration du Vatican ne peut pas guérir les anciennes blessures et ne peut réparer 2000 ans d’antisémitisme ecclésial. Cependant, reconnaît-il, le document revêt une grande importance pour le futur. Le pape Jean Paul II s’est toujours efforcé, davantage que ses prédécesseurs, d’améliorer les relations entre l’Eglise catholique et le judaïsme. (apickna/be)

Prix Nobel de littérature et condamné à mort par son pays, Wole Soyinka s’interroge

Vives critiques à la veille du voyage du pape au Nigéria

Atlanta, 16 mars 1998 (APIC) Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature, en exil aux Etats-Unis depuis 1994 et condamné à mort par le Nigéria pour haute trahison en mars 1997, ne cache pas sa perplexité à quelques jours du voyage de Jean Paul II au Nigéria, du 21 au 23 mars.

Dans une interview accordée à «Nigtizia» (Italie) cet illustre citoyen du Nigéria s’interroge: «Jean Paul II dénoncera-t-il le terrorisme d’Etat? les homicides d’Etat? la persécution d’Etat ? L’a-t-on averti que Sanu Abacha est une sorte de Pinochet africain?»

Sa crainte est que la visite du pape ne soit récupérée par l’actuel homme fort du pays, «un menteur de premier ordre, personnification de ce que la théologie chrétienne présente comme ’le diable’» Il ne croit pas aux promesses du général, dont la dictature est d’une brutalité sans égale. La promesse notamment d’une transition démocratique qui doit se conclure aux élections d’octobre, «une tentative grotesque de maquillage politique pour amadouer la communauté internationale», estime-t-il. Wole Soyinka vit actuellement à Atlanta. (apic/cip/pr)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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