Deux découvertes archéologiques majeures: des contrefaçons
Israël: Vrai ossuaire avec fausse inscription sur Jacques, frère de Jésus
Jérusalem, 20 juin 2003 (Apic) L’inscription «Jacques, fils de Joseph et frère de Jésus» gravée sur un ossuaire est un faux. Il en est de même de la tablette relatant l’existence du Temple de Salomon. C’est ce qu’a affirmé le 18 juin le Département archéologique national d’Israël lors d’une conférence de presse tenue à Jérusalem.
«Ces inscriptions, probablement gravées à deux périodes différentes, ne sont pas authentiques», ont souligné les experts israéliens, dans une nouvelle diffusée par l’agence AP. L’ossuaire, dont l’existence a été révélée au large public l’an dernier, a été présenté comme une preuve de l’existence historique de Jésus et un élément indiquant qu’il aurait eu un frère nommé Jacques. Quant à la tablette de la taille d’un carton à chaussures, elle comporte quinze lignes d’instruction en hébreu ancien pour la conservation du Temple de Jérusalem, édifié par le Roi Salomon. Ces deux objets issus de la collection privée d’Oded Golan, de Tel Aviv, ont été considérés comme les découvertes archéologiques le plus importantes de ces dernières années en Israël.
Deux groupes de chercheurs indépendants, formés chacun de huit professeurs et experts, ont été mandatés par le Département archéologique national pour examiner les deux objets. Le premier s’est attaché aux éléments écrits alors que le deuxième a analysé la matière et la patine de la pierre. Tous deux sont arrivés à la même conclusion: ces deux «découvertes archéologiques» sont des contrefaçons.
Des termes en hébreu moderne
Selon le professeur de langues bibliques Avigdor Horowitz, qui a participé aux travaux d’expertise, tous les passages rédigés sur la tablette relatant l’existence du Temple de Jérusalem contiennent une faute. «Celui qui a écrit ce texte pense en hébreu moderne. Quelqu’un qui pense en hébreu biblique aurait trouvé ces inscriptions ridicules», a-t-il souligné lors de la conférence de presse. Et de citer l’exemple du terme «Bedek beit», qui signifie «rénover une maison» en hébreu moderne, mais «endommager» en hébreu biblique. «Quel roi se serait venté d’avoir endommagé le temple?», a lancé, ironique, le professeur Horowitz.
Inscription récente
Le travail des deux groupes a également démontré que l’ossuaire contenant les restes d’un certain Jacques est authentique et date bien de 2’000 ans, mais que l’inscription a été ajoutée bien plus tard. Elle daterait même des temps modernes. C’est ce qu’a indiqué l’étude de la patine des lettres, lesquelles ont été vieillies de façon artificielle. Les experts ont également découvert que les noms de Jacques, Joseph et Jésus ont été rédigés dans des types d’écriture différents.
Le collectionneur Oded Golan a rejeté les conclusions de l’enquête, dénonçant les «idées préconçues» des experts. Il affirme avoir acheté l’ossuaire pour 200 dollars, au milieu des années 70, à un antiquaire de la Vieille ville de Jérusalem, dont il ne se souvient plus du nom. C’est lorsqu’il a proposé à un musée national d’acheter l’ossuaire que les autorités israéliennes ont demandé une expertise des deux objets. (apic/ag/kna/wm/bb)



