Italie: Campagne contre Nestlé: le choix du Comité du Jubilé largement critiqué
S’adresser à Nestlé pour le Jubilé est «éthiquement inacceptable»
Rome, 3 juillet 2000 (APIC) La campagne du Réseau italien de boycottage de Nestlé (Ribn) prend de l’ampleur en Italie. Le choix du Comité du Jubilé de s’adresser à la multinationale suisse pour le Jubilé est largement critiqué aujourd’hui. Pour les promoteurs de la campagne, qui annoncent des actions, s’adresser à Nestlé est tout simplement «éthiquement inacceptable».
Le Comité central pour le grand Jubilé de l’an 2000 a résisté jusqu’ici aux pressions du Réseau italien de boycottage de Nestlé (Ribn). Face à l’absence de réaction de la part du Comité du Jubilé, qui fait la sourde oreille aux protestations, le Réseau promet de «mener à outrance sa campagne», sans exclure d’»éventuels actes publics de protestation avant la fin du Jubilé». En cause, la politique de la multinationale suisse en matière de commercialisation et de vente des substituts de lait maternel dans les pays du Sud.
Tout a débuté avec le choix du Comité d’insérer, parmi les sept entreprises qui fournissent le Jubilé 2000, la multinationale suisse, accusée depuis des années de violer le Code international de conduite de l’OMS et de l’Unicef sur la commercialisation et la vente des substituts au lait maternel. Avec des conséquences désastreuses dans les pays du Sud du monde où, selon les données de l’Unicef, un million et demi de nouveau-nés meurent de causes liées à l’allaitement artificiel.
Le Réseau italien de boycottage de Nestlé avait adressé en octobre dernier une lettre de protestation au Comité, signalant les motifs de son opposition. Et rappelant que déjà en 1998, à l’occasion de la Journée mondiale de la jeunesse, le Ribn avait protesté auprès de Mgr Liberio Andreatta, directeur, à l’époque, de l’Oeuvre Romaine des Pèlerinages, après la signature d’un contrat avec Nestlé.
L’oeuvre s’était engagée à accorder une plus grande attention aux implications éthiques des contrats. Mais la lettre du Ribn est restée sans réponse.
Incapacité à se mettre en question
Le 7 mars dernier, le Ribn a envoyé une nouvelle lettre aux membres du Comité. «Tandis que le Jubilé est en train de se dérouler, qu’on parle de pardon et de réconciliation, de remettre les dettes, de partager et de pratique de solidarité, on refuse un minimum d’attention à une question aussi importante et délicate: un million et demi de nouveau-nés, sacrifiés chaque année sur l’autel du profit de quelques entreprises, mériteraient à tout le moins une réponse».
Outre la lettre, le Ribn a lancé une campagne télématique de pression, qui a amené rapidement l’envoi de plus de 600 messages de protestation. Mais ceux-ci non plus n’ont pas reçu de réponse.
Face au silence répété du Comité du Jubilé, les promoteurs de la campagne n’ont pas capitulé: le 18 mai ils ont envoyé au Comité une troisième lettre exprimant leur trouble face au silence qui est maintenu sur tous ces messages, dont beaucoup sont adressés par des croyants, étonnés de la manière dont le Comité n’a tenu aucun compte de la question éthique dans la sélection des entreprises à choisir comme fournisseurs des manifestations jubilaires «Faire semblant de ne pas entendre ou s’en laver les mains nous permet de dire que cela ne sert à rien, sinon à démontrer une incapacité totale de se mettre en question», écrivent les promoteurs italiens de cette campagne. Qui promettent des actions publiques contre la multinationale, durant ces prochains mois. (apic/cip/pr)



