Le cardinal Martino invite le G8 à dépasser ses intérêts
Italie: Climat et réunion des pays du G8
Rome, 7 juin 2007 (Apic) Le cardinal Renato Raffaele Martino a souligné l’»urgence de protéger la terre», alors que le sommet du G8 s’est ouvert le 6 juin 2007 en Allemagne sur fond de querelles sur le réchauffement climatique.
Dans une interview accordée au quotidien italien Il Messaggero, le jeudi 7 juin, le président du Conseil pontifical Justice et Paix a estimé que les dirigeants du G8 seraient crédibles s’ils réussissaient «à stabiliser quelque chose qui va au-delà de leurs propres intérêts, de leur propre enrichissement».
Le président du Conseil pontifical Justice et Paix a ainsi souligné que Dieu avait «donné la terre» aux hommes «pour l’utiliser, pas pour la détruire». Le cardinal Martino a souhaité qu’un accord sur le protocole de Kyoto sur les réductions des émissions de gaz à effet de serre, puisse être pris en considération car «le problème (.) est urgent».
Le thème du climat est un sujet qui divise les pays Européens et les Etats-Unis réunis au sommet du G8 à Heiligendamm, en Allemagne. Le 6 juin, à l’ouverture du sommet, George Bush s’est dit prêt à participer activement, voire à prendre la tête d’un accord succédant au protocole de Kyoto qui expire en 2012, mais a refusé qu’un objectif global à long terme de réduction des gaz à effet de serre soit annoncé au terme de la rencontre.
Les manifestations anti G8 démontrent une perte de crédit de l’opinion publique
«Nous assistons à une perte de crédit de la part de l’opinion publique», a estimé le cardinal Martino en évoquant la réunion du G8. «Les démonstrations de protestation qui se matérialisent ponctuellement à chaque G8 en sont un exemple», a-t-il lancé. «Les grands de la terre seront crédibles s’ils réussissent à stabiliser quelque chose qui va au-delà de leurs propres intérêts, de leur propre enrichissement», a-t-il ajouté.
Le président de dicastère a aussi estimé que l’Afrique devrait se trouver au coeur des discussions du G8 et que l’Occident avait l’obligation morale d’aider ce continent «abandonné». A ses yeux, l’Afrique est une terre en attente de renaissance.
Interrogé sur l’appel du pape pour la sauvegarde de la forêt amazonienne lancé lors de son récent voyage au Brésil, le cardinal Martino a souligné que «détruire ce grand poumon vert qu’est l’Amazonie, c’est faire mal à l’humanité toute entière, et pas seulement aux populations autochtones». La terre et ses biens sont un don que nous pouvons utiliser, améliorer, mais nous ne pouvons pas le détruire, a-t-il continué. Le cardinal Martino a aussi affirmé que détruire l’Amazonie était «un péché grave», notant qu’il existe «un principe de la responsabilité morale pour les actions que l’on commet».
Changer de style de vie, «surtout nous, Occidentaux»
L’Eglise enseigne qu’il faut changer de style de vie, a également déclaré le cardinal italien. «Surtout, nous, occidentaux». Pour lui, le changement devrait être le fruit d’une nouvelle prise de conscience, d’un parcours éducatif à faire débuter dans les écoles. «Il manque une éducation de l’environnement à tous les niveaux, il manque aussi la perception des conséquences que la pollution provoque sur le climat, sur la nature, sur l’équilibre», a-t-il regretté. Ajoutant que les données sont sous les yeux de tous, et qu’il suffit de voir les inondations, les glaciers qui fondent, l’écosystème altéré et l’atmosphère en danger.
Le président du Conseil pontifical Justice et Paix a également annoncé que son dicastère était en train d’évaluer l’hypothèse de publier un document ad hoc sur l’environnement, ajoutant que l’idée était pour l’instant au stade embryonnaire.
Le sommet du G8, rassemblant les chefs d’Etat et de gouvernement des sept pays les plus industrialisés du monde et la Fédération russe, prendra fin le 8 juin prochain. (apic/imedia/ms/vb)



