La solitude ne touche pas que les personnes seules
Italie : Comment rompre les chaînes de la solitude ?
Rome, 4 juin 1999 (APIC) Une récente enquête effectuée en Italie montre que la santé des personnes qui vivent seules et n’ont pas d’amis, est plus exposée que celle de ceux qui ne vivent pas seuls. Vécue comme une contrainte, la solitude provoque souvent des dépressions mais aussi des problèmes cardiaques. Parmi les remèdes à l’absence de relations, les auteurs de l’enquête proposent d’adopter un chien ou d’un chat, ou… de faire des achats.
Est-ce vraiment une solution ? Le Père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale n’en est pas si sûr. «Je crois même que ces remèdes peuvent être une cause de cette solitude, car remplir le coeur avec des choses c’est comme donner de l’air à manger à celui qui a besoin de pain. Je crois que la solution est de rechercher des relations humaines, de l’amitié et non des choses».
La solitude ne touche pas forcément les célibataires, les veufs ou les personnes marginalisées, relève le capucin. «C’est chez les personnes mariées que j’ai rencontré les cas de solitude les plus dramatiques, et non pas parmi ceux qui vivent seuls. Ils font l’expérience de la solitude là où l’on devrait trouver le remède à la solitude, dans la relation matrimoniale entre l’homme et la femme.». Cette solitude peut être due à de nombreux facteurs: L’échec d’un mariage, la vieillesse, le style de vie dans les villes qui fait que souvent on ne sait même pas qui habite en face de chez nous.
Aller vers l’autre
Comment se dégager des chaînes de la solitude ? Pour le prédicateur de la Maison pontificale, il n’existe que deux moyens : «Ou bien quelqu’un vient vers toi ou tu vas vers l’autre. Il faut parfois avoir recours à la deuxième solution. Forcer la porte de chez soi et sortir de son isolement. Lorsqu’on peut faire un effort pour sortir à la rencontre de l’autre, je crois qu’il faut le faire. Lorsque cela n’est pas possible, il y a la foi. Je crois que l’on peut dire à un chrétien qu’il y a un moyen pour sortir de la solitude, un moyen difficile mais infaillible : le dialogue avec une personne qui ne nous laisse jamais seuls : Dieu dans la prière».
Pour le Père Cantalamessa, les communautés chrétiennes devraient mieux s’adapter aux besoins des personnes, et être plus petites pour pouvoir se rendre compte des situations difficiles qui existent parmi leurs membres. Cela n’est pas facile car même les communautés paroissiales, surtout dans les grandes villes, sont plutôt anonymes. L’un des besoins pastoraux les plus importants aujourd’hui est de faire de la communauté chrétienne une vraie communauté, à dimension humaine, et pas seulement géographique ou territoriale», conclut le religieux. (apic/zn/mp)




