Le Saint-Siège condamne sévèrement: remous dans la péninsule
Italie: Crucifix interdit dans les écoles publiques par un tribunal
Rome, 27 octobre 2003 (Apic) Le Saint-Siège condamne sévèrement la décision d’un tribunal italien d’interdire le crucifix dans les écoles publiques. Le quotidien du Vatican, «L’Osservatore Romano», qualifie cette décision d’»absurde» et «offensante» dans son éditorial à paraître le 28 octobre 2003.
Pour marquer son mécontentement, «L’Osservatore Romano» publiera une grande image d’un crucifix en première page de son édition à venir. De chaque côté, une phrase tirée d’un discours de Jean Paul II est inscrite à l’attention de «ceux qui, par différents moyens et à des niveaux divers de responsabilité, ont offensé la foi des chrétiens».
«Tant de choses peuvent nous être retirées, à nous les chrétiens», avait déclaré le pape Jean Paul II le 21 juin 1998. «Mais la Croix comme signe de salut, on ne nous la prendra pas. Nous ne permettrons pas que celle-ci soit exclue de la vie publique».
La décision du tribunal d’Aquila, à quelques dizaines de kilomètres de Rome, d’interdire les crucifix dans les écoles publiques, a déclenché une importante vague de protestations dans les milieux ecclésiaux et politiques italiens. La sentence du juge se réfère à «l’impartialité de l’école publique devant le phénomène religieux».
C’est un Italien converti à l’islam, Adel Smith, président de l’Union des musulmans d’Italie, qui avait demandé le retrait de tous les crucifix dans l’école de son fils.
Milieux politiques à l’offensive
Intervenant à ce sujet le 26 octobre, le président de la République italienne, Carlo Azeglio Ciampi, a clairement dénoncé cette décision. Pour lui, «le crucifix a toujours été considéré dans les écoles comme symbole de valeurs qui sont à la base de notre identité».
Pour sa part, la ministre de l’Education, Letizia Moratti, a annoncé la volonté du gouvernement de faire appliquer une loi de 1924, qui oblige l’exposition du crucifix dans toutes les écoles, de même que dans les tribunaux.
Pour l’évêque du lieu, Mgr Giuseppe Di Falco, la récente décision d’ôter les crucifix des écoles publiques «humilie la tradition religieuse et culturelle de tout le pays». Quant au président de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Camillo Ruini, il a protesté fermement. «Le crucifix exprime l’âme profonde de notre continent et doit donc rester le signe de l’identité de l’Europe». (apic/imedia/pr)




