Déclaration commune et condamnation de la de la mondialisation

Italie: Dialogue catholique-orthodoxe à Gênes sous l’égide de la Communauté Sant’Egidio

Gênes, 18 novembre 1999 (APIC) Le dialogue entre catholiques et orthodoxes s’est poursuivi le week-end dernier à Gêne, à l’initiative de la Communauté romaine de Sant’Egidio. A l’issue de la rencontre, les responsables religieux présents ont publié une déclaration commune par laquelle ils condamnent le phénomène de la mondialisation «qui ne réussit pas à garantir des valeurs authentiques, comme l’accueil des réfugiés, la justice avec le sud pauvre».

Chaque année, à la demande de Jean Paul II, Sant-Egidio organise une rencontre oecuménique pour garder l’esprit de la Journée de prière pour la paix organisée à Assise en 1986 avec les grandes religions. L’an dernier, la rencontre avait eu lieu à Bucarest, ouvrant en quelque sorte les portes de la Roumanie au pape. Cette année, elle s’est déroulée à Gênes, en Italie, du 12 au 14 novembre, sur le thème «Eglises soeurs, peuples frères».

Même s’il y avait des responsables politiques et religieux du monde entier, les orthodoxes et les catholiques étaient cette fois majoritaires.

La première porte ouverte cette année a été celle de Damas. Le chef de l’Eglise orthodoxe de Syrie et patriarche d’Antioche a invité Jean Paul II à se rendre à Antioche, l’une des étapes du pèlerinage que le pape souhaite réaliser sur les lieux de la Révélation.

La rencontre de Gênes a permis par ailleurs de constater que les relations entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique sont en train de changer en profondeur. Beaucoup ont fait un examen de conscience très sincère. Le plus remarqué fut peut-être celui de l’archevêque orthodoxe de Tirana (Albanie) qui traita les responsables chrétiens – lui compris – de «démons» pour avoir créé des divisions inutiles entre les Eglises. Le patriarche orthodoxe roumain Théoctiste a quant à lui fait remarquer que les chrétiens savent organiser des conférences, mais qu’ils ne donnent guère de témoignage de leur unité.

Le cardinal français Roger Etchegaray, président du Comité du Vatican pour la préparation du Jubilé, est intervenu sur la primauté du pape, pour rappeler que Jean Paul II propose dans l’encyclique «Ut unum sint» un débat pour voir comment appliquer concrètement le rôle de l’évêque de Rome, sans que cela signifie renoncer à sa fonction de lien de communion entre tous les chrétiens. Le représentant russe a affirmé que les Eglises orthodoxes pourraient accepter la primauté du pape, même si elles ont encore des doutes sur son infaillibilité.

Message du pape

«La fraternité que les chrétiens ont retrouvée nous aide à prendre davantage conscience de la gravité du péché de division, qui est un scandale pour nous et pour le monde, écrit le pape dans son message aux participants. C’est pourquoi il ne faut plus perdre de temps sur le chemin vers l’unité des Eglises. Chaque retard risque non seulement d’affecter la joie fraternelle mais de faire de nous des complices des divisions».

A la fin de la rencontre, les participants ont rédigé une déclaration commune invitant les chrétiens à ne pas se laisser décourager par les divisions. «L’Evangile est la parole pour l’avenir du monde !, écrivent-ils notamment. (…) L’amour de Dieu et le témoignage des martyrs nous unissent, et peu de choses nous divise… Nous ne voulons pas laisser seuls les peuples pris dans le phénomène d’une mondialisation qui ne réussit pas à garantir des valeurs authentiques, comme l’accueil des réfugiés, la justice avec le sud pauvre, la sécurité de vie et la coexistence pacifique entre ethnies et peuples différents. Nous ne voulons pas laisser tomber les peuples victimes de la guerre. «. (apic/zn/pr)

18 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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