Un combat journalier au service des réfugiés
Italie: Don Renzo Beretta tué à coups de couteau par un hôte de son Centre d’accueil
Ponte Chiasso, 21 janvier 1998 (APIC) Le curé italien de Ponte Chiasso, Don Renzo Beretta, qui avait transformé le clocher de son église en Centre d’accueil pour les demandeurs d’asile refoulés de Suisse, a été tué mercredi après-midi à coups de couteau par un hôte nord-africain du Centre d’accueil.
Le Père Renzo Beretta, 77 ans, a été agressé vers 16h.30 devant la porte de son logement à côté de son église. Il a reçu plusieurs coups de couteau à l’abdomen. Il est mort peu après son transfert à l’hôpital de Côme.
Don Beretta était connu depuis plusieurs années pour son engagement en faveur des réfugiés et des exclus qu’il accueillait dans sa paroisse, y compris dans le clocher de son église. Il travaillait aussi de concert avec l’abbé Cornelius Koch qui avait depuis 1987 organisé des manifestations de solidarité envers les réfugiés tentant de franchir la frontière tessinoise.
La mort violente du prêtre laisse la population de Ponte Chiasso sous le choc. Dès que sa mort fut connue, une marche silencieuse d’une centaine de personnes a défilé dans le village italien.
Suzanne Auer, porte-parole de l’Oeuvre suisse des réfugiés, a exprimé à l’agence APIC ses vifs regrets devant l’assassinat de ce prêtre totalement donné à la cause des réfugiés. Malheureusement, ajoute-t-elle, de tels actes ouvrent la porte à l’accroissement de la xénophobie. Mais de tels événements doivent aussi renforcer notre travail quotidien contre le racisme et la xénophobie. Faisant allusion à l’assassinat, dans le canton de St-Gall, de l’enseignant Paul Spirig tué par le père d’une élève, elle ajoute: «Evitons de généraliser en culpabilisant tous les étrangers qui vivent chez nous. Actuellement 180’000 Albanais vivent en Suisse. Or 179’999 d’entre eux n’ont jamais commis de meurtre». (apic/gs/job/ba)



