La Conférence épiscopale offre 100 milliards de lires
Italie: Geste concret de l’Eglise catholique en faveur des pays endettés
Rome 3 mars 1999 (APIC) En offrant une somme de 100 milliards de lires (85 millions de francs) la Conférence épiscopale italienne (CEI) entend poser un geste concret pour l’abolition de la dette des pays pauvres. La dette extérieure de certains pays pauvres envers l’Etat italien se monte aujourd’hui à un total de 60’000 milliards de lires (51 milliards de francs) .
La proposition est très concrète : cette somme permettra ’d’acheter’ une toute petite part de la dette totale due à l’Italie et de réinvestir cet argent en projets de développement pour un ou plusieurs pays pauvres débiteurs.
Un Comité de la CEI a été créé le 1er mars pour promouvoir cette action. Il sera chargé d’une part de développer l’engagement de tous les fidèles et des citoyens italiens. Une importante campagne de sensibilisation devrait être mise en place très rapidement dans les paroisses, auprès des organisations missionnaires, religieuses.
D’autre part, le Comité fera également pression sur le gouvernement italien en vue d’une réduction de la dette. Un premier pas a été fait par les autorités italiennes mais pour un montant de 3 milliards de lires seulement.
Enfin, le comité devra également sélectionner un ou plusieurs pays du tiers monde pour bénéficier du projet. On pense dores et déjà aux pays d’Afrique sub-saharienne où une présence missionnaire permet de suivre et d’accompagner les projets. Autre condition obligatoire : un gouvernement démocratique assez stable, apprenait-on mardi lors de la conférence de presse de présentation du Comité.
2’177 milliards de dollars pour 41 pays
L’Eglise et le pape en personne sont intervenus plusieurs fois en faveur d’une annulation totale ou partielle de la dette internationale. La dernière en date vient du cardinal Roger Etchegaray qui recevait lundi à Milan un doctorat «honoris causa» en Economie et Commerce de l’Université Catholique. «La proposition d’annulation de la dette internationale des pays pauvres a besoin d’arguments forts du point de vue technique», affirmait le prélat. «Nous avons accompli des pas en avant, l’opinion publique est sensibilisée, disait-il ; il s’agit maintenant de dépasser cet élan émotif» et d’agir concrètement.
La dette internationale s’élève au chiffre vertigineux de 2’177 milliards de dollars. 41 pays pauvres sont concernés, en majorité en Afrique. Selon des chiffres de 1998 de la Banque Mondiale, repris par le quotidien italien «L’Avvenire», l’île de Sao Tomé est le pays le plus endetté en comparaison de son Produit National Brut avec une dette correspondant à 283 % de son PNB. Viennent ensuite la Guyane avec 192 %, la Guinée Bissau 186 %, le Mozambique 126 % et le Nicaragua 121 %. (apic/imed/mp)



