Pour que lumière soit faite sur les accusations de crimes

Italie: L’abbé Athanase Seromba se rend au tribunal de l’ONU à Arusha

Florence, 6 février 2002 (APIC) Le Père Athanase Seromba Sumba Bura est parti ce matin pour Arusha, en Tanzanie, dans l’intention de se présenter de son plein gré au Tribunal Pénal de l’ONU chargé de juger les crimes commis durant la guerre civile au Rwanda. Il a quitté le diocèse de Florence (Italie), dont il était l’hôte depuis 1997.

La décision de l’abbé Seromba est née d’un désir de faire la lumière sur les sévères accusations dont il a fait l’objet et dont il a pris connaissance il y a quelques mois par le biais de la presse. C’est ce que le religieux explique dans une lettre envoyée à l’archevêque du chef-lieu toscan, Monseigneur Ennio Antonelli. «Après la tragédie qui a secoué mon pays, après avoir subi la perte de parents, de frères et de soeurs, d’amis et de connaissances – observe-t-il – ma présence à vos côtés me laissait croire que j’avais trouvé une occasion pour chercher à oublier tout ce qui m’est arrivé. Malheureusement, me voici au banc des accusés en tant que traître, organisateur et exécutant d’un plan génocidaire qui a bouleversé mon pays. J’ai clamé mon innocence en long et en large mais mes cris n’ont pas été écoutés».

Le Père Seromba a voulu se rendre devant le tribunal pour démontrer qu’il est étranger aux dramatiques événements. A travers des contacts établis au cours de ces dernières semaines avec la préfecture de police de Florence, le Père Athanase a demandé d’être accompagné durant son voyage vers la Tanzanie par Interpol. Dans un communiqué diffusé tout récemment, l’archidiocèse de Florence se déclare confiante en la justice internationale et dit espérer que le travail rapide et serein des juges fasse très bientôt la lumière sur la vérité des faits.

Dans une interview accordée l’an dernier au quotidien italien «Il Tirreno», Carla Del Ponte, procureur du Tribunal pénal International, avait affirmé que «selon l’enquête, le prêtre, qui avait une paroisse au Rwanda, a fait entrer dans son église une centaine de Tutsis, sous prétexte que c’était le meilleur endroit où se réfugier. Et qu’il organisa au contraire la destruction matérielle de l’église en utilisant bulldozers et camions, alors qu’environ 1’500 personnes se trouvaient à l’intérieur». L’abbé Seromba, pour sa part, a toujours clamé son innocence. (apic/mna/ac/mk/bb)

6 février 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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