Un théologien jésuite salvadorien veut demander pardon à l’Afrique
Italie: L’Afrique est le péché de notre monde
Brescia (Italie), 15 décembre 2003 (Apic) De nos jours, le péché de notre monde est l’Afrique, écrit le théologien jésuite de la libération, Jon Sobrino. Dans un article à paraître dans la revue internationale de théologie «Concilium», consacré à la réconciliation, le théologien déclare que l’Eglise devrait aussi penser à l’Afrique, en demandant pardon et en songeant à la réparation.
Le théologien jésuite de la libération, Jon Sobrino, de nationalité salvadorienne déclare, dans un article à paraître de la revue internationale de théologie «Concilium», que le processus de la réconciliation implique trois phases: vérité, justice et pardon. Ceci afin d’éviter qu’»un prix plus élevé ne soit payé par les victimes et les pauvres». En effet, la réconciliation risque d’être entendue comme «l’oubli des fautes commises par les puissants», argumente le Père Sobrino.
Pour lui, demander pardon, comme le pape Jean Pal II l’a fait durant le Jubilé, suppose qu’on le fasse également vis-à-vis de l’Afrique. Il rappelle qu’au XVIe siècle, pour ce continent, l’Eglise, appartenait à «l’Europe chrétienne, celle des négriers».
Le théologien de la libération cite un texte de l’Eglise, justifiant la conquête, par tous les moyens, signé Nicolas V. Ce document, écrit en 1452, stipule: «Nous accordons la pleine faculté au roi Alphonse du Portugal d’envahir, de conquérir, d’emporter d’assaut et de subjuguer tous les royaumes, duchés, principautés, domaines, possessions et biens meubles et immeubles des Sarrasins et des païens, ainsi que des autres ennemis du Christ, et de les réduire en esclavage perpétuel».
Vient le génocide, poursuit le Père Sobrino, provoqué par l’esclavage. Au XXe siècle, c’est le tour de l’ethnocide, dû au partage de l’Afrique par les Européens. Le jésuite salvadorien cite Pedro Casaldaliga, évêque de Sao Felix, au Brésil, qui déclare que l’Afrique est «un continent martyr, oublié, méprisé, une victime de l’humanité toute entière». Par justice et par esprit de réparation, conclut le théologien salvadorien, l’Eglise doit demander pardon, de façon toute particulière et très clairement, à l’Afrique, car dans toute cette affaire, c’est sa crédibilité même qui est en jeu».
L’édition en langue française de la revue de théologie Concilium est à Fribourg (Editions Universitaires, Pérolles 42). (apic/dia/vb)



