Pas une aumône mais une relance de l’économie pour le Jubilé

Italie: La Conférence épiscopale italienne veut racheter la dette de la Zambie et de la Guinée

Rome, 1er mai 2000 (APIC) La Conférence épiscopale italienne (CEI) veut racheter la dette publique de la Zambie et de la Guinée envers l’Etat italien. Pour la CEI, il ne s’agit pas d’une aumône mais d’un geste de «désendettement créatif» pour relancer l’économie de ces pays parmi les plus pauvres de l’Afrique. La valeur de rachat de cette dette de 280 millions de francs est estimée à un prix réel de près de 28 millions de francs.

Répondant à l’appel du pape Jean Paul II demandant l’annulation de la dette qui grève l’économie des pays du tiers monde, la Conférence épiscopale italienne a mis sur pied un comité de désendettement. Ce comité considère qu’en raison des possibilités limitées qu’ont ces deux pays de rembourser leur dette, cette dernière n’a plus que le dixième de sa valeur sur le marché.

La CEI a créé un Comité ecclésial formé par des représentants des mouvements les plus divers et engagé de manière spécifique dans la réduction de la dette extérieure des pays des plus pauvres. Une campagne de récolte de fonds a été lancée. Le Comité a également entamé des négociations avec l’Etat italien et les deux pays africains concernés. Ce geste de désendettement n’est pas une aumône, mais un encouragement pour favoriser les investissements sociaux en Zambie et en Guinée. Ces deux pays doivent ainsi en contrepartie s’engager à prendre de nouvelles mesures de développement dans le domaine social en coordination avec l’Eglise et les œuvres d’entraide.

Pour un «Fonds de contrepartie»

Le professeur Riccardo Moro, un économiste de Turin qui coordonne l’action du Comité, a expliqué que le premier pas sera d’obtenir de l’Italie le titre de dette. La Guinée et la Zambie doivent quelque 280 millions de francs suisses à l’Italie, mais la valeur réelle du titre – le prix du marché – est bien inférieure. Le Comité entend payer 28 millions pour ce titre dévalué. Le gouvernement italien serait d’accord de participer à cette opération. «Une fois que nous aurons acquis le titre de dette nous le `déchirerons’ mais uniquement à condition que les gouvernements des deux pays créent pour la même somme un Fonds de contrepartie destiné à financer des projets de développement dans le pays», précise Riccardo Moro.

C’est là toute l’originalité de l’opération. Les pays intéressés peuvent ainsi faire annuler la totalité de la dette en payant seulement 10 % de cette dette et ils ne doivent pas donner la somme à un autre pays. Ils peuvent l’investir dans des programmes de développement de l’économie locale. Le professeur Moro a par ailleurs expliqué qu’en Zambie et en Guinée, le «Fonds de contrepartie» sera géré par des représentants des organisations sociales et par les Eglises locales, même si un représentant du gouvernement et un représentant du Comité ecclésial italien en feront également partie. (apic/zn/cic/be)

1 mai 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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