Italie: La «Flornitina» refusée aux malades
Mais les belles Italiennes n’ont rien à craindre!
Rome, 7 novembre 2001 (APIC) Les multinationales pharmaceutiques ont cessé de produire la Flornitina, susceptible de guérir la maladie du sommeil, fléau qui frappe entre autres la République démocratique du Congo. Mais on la trouve en Italie, utilisée pour des soins esthétiques, a dénoncé un médecin à un Congrès de la Fondation Follereau.
«Avec les laissés pour compte: expériences de changement pour la justice» thème du 19e rassemblement italien des Amis de la Fondation Raoul Follereau, les participants sont réunis à Assise. Quelque 500 délégués venus de 20 pays cherchent ensemble des moyens de favoriser une distribution plus équitable des ressources mondiales et d’améliorer les conditions de vie des populations les plus pauvres qui n’ont pas accès aux soins médicaux.
La Fondation Follereau, connue pour la lutte de son fondateur contre la lèpre, s’engage en effet pour faire reculer aussi les autres formes de » lèpres » dans le monde. Selon les chiffres de Radio Vatican, dix-sept millions de personnes meurent dans le monde de maladies que l’on peut prévenir et guérir, alors que les nations ne mobilisent pour les soigner que l’équivalent de 3 % des dépenses militaires !
Chiara Castellani (Italie), médecin dans le diocèse de Kenge, en République démocratique du Congo, s’est insurgé au micro de Radio Vatican: «Nous sommes peut-être beaucoup plus esclaves du dieu argent aujourd’hui qu’il y a vingt ans. Tout est désormais structuré en fonction du marché. Et dans une situation où le profit devient plus important que la personne, il est difficile de se préoccuper de l’état de santé des populations les plus pauvres, surtout de celles qui ne sont pas en mesure de se payer des soins».
Et de citer l’exemple de la maladie du sommeil. Au Congo, où l’on assiste à une terrible recrudescence de cette maladie qui, si elle prise trop tard, détruit les cellules du cerveau peu à peu, procure un retard mental graduel, et finalement, dans 100 % des cas non soignés, se termine par la mort. «A l’époque de la colonisation, pour soigner les malades, on a inventé un médicament, l’Alsobal, qui est hélas aussi très toxique, si bien que deux malades sur cent sont tués par le traitement. Mais il existe aussi un nouveau médicament, la Flornitina, que l’on a commencé à introduire, avec de grandes espérances». Or, a assuré Chiara Castellani à un certain moment, «on en a arrêté la fabrication, sans explication. Comme cette maladie se présente à 90 % en République démocratique du Congo, les gens ne peuvent pas payer le traitement, et les multinationales pharmaceutiques n’ont donc aucun intérêt économique à produire la Flornitina ! C’est déjà en soi scandaleux».
Un poil de visage contre une vie
Et de constater: «J’arrive en Italie, et je découvre que ce produit est maintenant utilisé pour fabriquer une crème contre les poils superflus sur le visage ! Et l’on refuse la Flornitina pour sauver la vie de centaines de milliers de malades qui meurent chaque année de la maladie du sommeil ! Un médicament qui s’était montré si efficace et que l’on nous refuse, alors qu’on l’utilise maintenant seulement pour un excès de poils sur le visage. J’ai trouvé cela si bouleversant, que vraiment, cela crie vengeance devant Dieu !» (apic/cip/zn/pr)




