Italie : «La guerre est une folie», dénonce le pape au mémorial militaire de Redipuglia
Redipuglia, 13 septembre 2014 (Apic) «La guerre est une folie, son plan de développement est la destruction», a dénoncé avec force le pape François à l’occasion d’un déplacement d’une demi-journée, le 13 septembre 2014, au mémorial militaire de Redipuglia, au nord de l’Italie. Dans l’un des plus grands cimetières au monde, le pontife a mis en garde l’humanité face à une troisième guerre mondiale «combattue par morceaux» et a invité à sortir d’une indifférence coupable.
En visite à l’occasion du centenaire de la Première guerre mondiale (1914-1918), le pape a dénoncé la «folie» de la guerre, qui défigure tout, même le lien entre frères». Au cours d’une homélie particulièrement forte, le pape a dénoncé la cupidité des «planificateurs de la terreur, des organisateurs de l’affrontement, comme des marchands d’armes».
«Aujourd’hui encore les victimes sont nombreuses… Comment cela est-il possible ? C’est possible parce que, aujourd’hui encore, dans les coulisses, il y a des intérêts, des plans géopolitiques, l’avidité de l’argent et du pouvoir, et il y a l’industrie des armes», a-t-il ajouté.
«Après le deuxième échec d’une autre guerre mondiale, on peut, peut- être, parler d’une troisième guerre combattue ›par morceaux’, avec des crimes, des massacres, des destructions», a souligné le pape. Il avait déjà évoqué cette idée dans le vol qui le ramenait de Corée du Sud, au mois d’août.
Devant quelque 10’000 fidèles, dont de très nombreux militaires, sous un ciel gris et pluvieux, le pontife a alors invité l’humanité à se repentir. «Je vous demande à vous tous, et pour nous tous, la conversion du cœur : passer du «Que m’importe ?», aux larmes. Il a alors prié «pour toutes les victimes de la folie de la guerre, en tout temps». Et le pape de conclure : «L’humanité a besoin de pleurer, et c’est maintenant l’heure des larmes».
Commémorations
A la fin de la messe, après une prière à la mémoire des morts au combat et des victimes de la guerre, le pape a reçu en cadeau le matricule de soldat de son grand-père, combattant lors de la Première guerre mondiale. Le pontife a également reçu un autel de campagne portatif, dans une caisse en bois, utilisé pendant la guerre. Puis, il a remis à chaque ordinaire militaire et aux autres évêques présents une lampe à huile qui sera allumée dans leurs diocèses respectifs lors des commémorations de la ›Grande guerre’.
Peu avant la messe, le pape François a visité le cimetière austro-hongrois de Fogliano di Redipuglia. Situé à un km environ du sanctuaire militaire de Redipuglia, ce cimetière rend hommage aux 14’406 soldats austro-hongrois morts au combat en Italie entre 1915 et 1918. Devant le monument aux morts, le pontife a prié et déposé une gerbe de fleur.
Le mausolée du sanctuaire est composé d’un escalier formé de 22 marches sous lesquelles ont été déposées les dépouilles des combattants ayant pu être identifiés. Sur la marche la plus élevée, dans 2 grandes tombes, reposent les restes des 60’000 soldats inconnus. Sur chaque contremarche, le mot presente (présent, en italien) se répète, pour symboliser les noms des soldats inconnus. (apic/imedia/mm/mp)



