Une lutte sévère est engagée
Italie: La mafia a désormais peur de l’Eglise, selon le Père Sorge (131093)
Palerme, 13 octobre(APIC) «A l’heure actuelle, la mafia a peur de l’Eglise», c’est ce qu’affirme le Père Bartolomeo Sorge, directeur du Centre
d’études sociales de Palerme. L’Eglise catholique, par ses campagnes contre
le crime organisé a contribué à faire reculer dans la conscience de la population la peur de la mafia et la mentalité mafieuse. Le jésuite italien,
dans une interview publiée mercredi par le journal catholique «Avvenire»,
relève surtout les condamnations sans équivoque du crime organisé par le
pape Jean Paul II lors de son voyage en Sicile en mai dernier.
Pour le Père Sorge, les attentats de Rome contre la basilique de SaintJean-de-Latran et l’église Saint-Georges du Velabre sont les réponses de la
mafia au défi lancé par le pape. Mais ces attentats, comme l’assassinat du
Père Giuseppe Puglisi le 15 septembre à Palerme, se révèlent en fait être
des «boomerangs» pour le crime organisé. Il sont un signe que la mafia mène
un combat désespéré et sans aucune stratégie.
Nouveau livre sur les liens entre la mafia et l’Eglise
Pour les observateurs à Palerme, le livre de Enzio Mignosi, «Il Signore
sia coi boss» (Le Seigneur soit avec les boss), illustre bien ce qui a
changé dans les rapports entre l’Eglise et la mafia. Dans ce livre, qui dénonce dans la société sicilienne la forte imbrication de la mafia qui existait dans le passé avec certains secteurs de l’Eglise et de la politique.
la politique et l’Eglise. Le cardinal Ernesto Ruffini, alors archevêque de
Palerme, n’avait-il, au début des années 60, répondu ainsi à la question
«qu’est-ce que la mafia?»: «Pour autant que je le sache c’est le nom d’un
produit de lessive.»
Pas de communion pour les mafiosi
A Acerra, près de Naples, la lutte entre l’Eglise et le crime organisé
se durcit également. Mgr Antonio Riboldi, évêque du lieu, vient de répéter
à ses prêtres qu’ils ne doivent pas donner la communion à des personnes
connues pour leurs activités criminelles. A la question sur ce qu’il pensait d’un prêtre qui, par peur de la camorra, ne refuserait pas les sacrements, l’évêque à répondu «je n’aimerais jamais avoir un prêtre qui a
peur».
Mgr Riboldi a révélé avoir été lui-même menacé par le chef de la camorra
locale. Il lui a répondu du tac au tac: «Qui es-tu pour vouloir interdire à
un évêque de parler? Aussi longtemps que tu seras un criminel, j’élèverai
ma voix contre le crime». Le boss m’a alors menacé de me déclarer la «guerre», a expliqué l’évêque. «Plutôt la guerre qu’un silence qui signifie:
continuez tranquillement avec ma bénédiction», a rétorqué l’évêque d’Acerra
qui est depuis longtemps sous protection policière. (apic/cic/mp)




