Italie: La polémique gronde à propos de certaines positions du Saint-Siège
Le quotidien «Liberazione» appelle à «boycotter» le Vatican
Rome, 4 décembre 2008 (Apic) A l’approche du 60e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme (10 décembre 1948), le Conseil pontifical Justice et Paix a indiqué dans un communiqué que «le progrès de l’humanité» se mesurait au respect des «valeurs» spirituelles et morales.
Des propos publiés alors que la presse, en Italie particulièrement, a donné un large écho à la position du Saint-Siège auprès des institutions Onusiennes sur l’homosexualité ou l’avortement. Le quotidien communiste italien «Liberazione» est allé jusqu’à appeler à «boycotter» le Vatican.
«Les droits de l’homme, a ainsi soutenu le Conseil pontifical Justice et Paix, sont l’expression de la dignité éminente et inviolable de chaque personne humaine et ils manifestent sa vocation unique et irremplaçable, au-delà de toute différence et discrimination possible».
Pour le dicastère, la Déclaration universelle de 1948 est «une pierre angulaire de la civilisation humaine» car elle confirme que «le progrès de l’humanité ne se mesure pas au seul avancement de la science, de la technique et de l’économie, mais aussi et surtout à la suprématie des valeurs spirituelles et du progrès de la vie morale».
Le Conseil pontifical Justice et Paix a annoncé dans son communiqué la cérémonie commémorative organisée au Vatican le 10 décembre prochain à l’occasion du 60e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cet ’acte commémoratif’ sera entre autres marqué par un discours du secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, et par un concert au cours duquel Benoît XVI devrait prendre la parole.
Les «non» du Saint-Siège et la tempête médiatique
La mise en avant par le Vatican des «valeurs spirituelles et morales» en matière de respect des droits de l’homme intervient alors que la presse, en particulier en Italie, a largement amplifié des réticences exprimées par le Saint-Siège au sein des Nations unies. Le 1er décembre dernier, dans une interview accordée à I.Media, l’Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies avait fait part, entre autres, de son opposition à l’initiative française en vue de lutter contre la discrimination envers l’homosexualité à travers le monde. La presse italienne a déclenché une vive polémique. Dans la péninsule, les associations homosexuelles menacent désormais de manifester devant le Vatican dans l’après-midi du 6 décembre.
Lors de Journée mondiale des handicapés, célébrée par l’ONU le 3 décembre, les agences de presse italiennes ont en outre choisi de rappeler que le Saint-Siège n’avait pas signé la convention internationale de décembre 2006 sur les droits des handicapés. A l’époque, le Saint-Siège avait en effet expliqué que, «malgré tous les articles salutaires» qu’elle contenait, cette convention ne respectait pas les droits à la vie dans ces articles sur la «santé reproductive» qui n’excluent pas l’avortement. Le 3 décembre, la presse a alors largement évoqué cet «autre ’non’ du Vatican à l’ONU».
Evoquant les deux prises de position du Saint-Siège dans son édition du 3 décembre, le directeur du quotidien communiste italien «Liberazione», Piero Sansoni, a même invité «catholiques» et «laïcs» à réagir à ces «choix fondamentalistes» par un «boycottage du Vatican». (apic/imedia/ami/pr)



