Propos récupérés par les partis politiques
Italie: Le cardinal Bertone appelle ses concitoyens à payer leurs impôts
Rome, 20 août 2007 (Apic) Les propos du cardinal secrétaire d’Etat du Vatican, Tarcisio Bertone sur la fiscalité ont attisé les débats actuels sur les impôts en Italie. Dans ce pays, l’évasion fiscale est devenue un véritable sport. A droite comme à gauche, on tente de récupérer la déclaration du «numéro 2» du Vatican.
Valentino Rossi, le coureur moto, risque de gros ennuis pour avoir oublié de déclarer 60 millions d’euros au fisc. La Lega du Nord réclame une modification de la loi sur les impôts. Début août, le chef du gouvernement, Romano Prodi, avait regretté que l’Eglise catholique ne jouait pas son rôle dans l’évasion fiscale.
Le numéro deux du Vatican, Mgr Tarcisio Bertone, s’est exprimé à ce sujet en affirmant que chacun devait payer ses impôts «conformément à des lois justes». Ses propos ont tout de suite été revendiqués par les représentants du gouvernement et par ceux de l’opposition comme de l’eau apportée à leurs propres moulins.
Ainsi que le rapporte le journal italien «Corriere della Sera» du 20 août, Roberto Calderoli (de la Lega Nord) a enregistré les mots du cardinal comme la «bénédiction» par l’Eglise pour ce que le chef de la Lega, Umberto Bossi, a appelé «la grève des impôts», parce que le droit fiscal en vigueur est injuste.
Le ministre de la justice, le démocrate chrétien, Clemente Mastella, a parlé, quant à lui, d’une instrumentalisation des propos du cardinal. Forza Italia et la Lega du Nord auraient, à son avis, «complètement faussé» les dires du secrétaire d’Etat.
Mgr Bertone avait été interrogé, en marge d’une manifestation d’un mouvement catholique à Rimini, sur l’appel d’Umbeto Bossi à faire la grève des impôts, ainsi que sur la proposition de la Lega de payer les impôts dans les régions respectives plutôt qu’au gouvernement de l’Etat italien.
D’après les médias, le cardinal a répondu à cela en affirmant: «Nous devons tous faire notre devoir en payant les impôts, selon des lois justes» et pour que ces sommes «aident les plus pauvres et les plus faibles»,
Le prélat a en outre cité le mot du psalmiste comme programme pour les politiciens chrétiens: » Il crée le droit pour les pauvres et les faibles, il sauve la vie des pauvres.» Dans le domaine de la répartition des ressources de l’Etat aussi, il ne doit pas y avoir d’injustice, a insisté Mgr Bertone.
L’an dernier, la fraude fiscale, qui gangrène l’économie italienne, a atteint 115 milliards d’euros, dont un tiers provenant des charges sociales non payées sur le travail clandestin. (apic/ag/gs/js)




