Italie: Le cardinal Martini encourage la mise en place de «rencontres collégiales»
Un Concile Vatican III n’est actuellement pas nécessaire
Milan, 3 octobre 2000 (APIC) Le cardinal Carlo Maria Martini estime qu’un Concile Vatican III n’est actuellement pas nécessaire. Il encourage cependant la mise en place de «rencontres collégiales» entre les évêques. En ce qui concerne «Dominus Iesus», l’archevêque de Milan précise qu’il faut «faire des distinctions» entre ses implications pour le dialogue interreligieux et les points concernant l’œcuménisme.
Dans une interview accordée au mensuel italien «Iesus» du mois d’octobre, le cardinal Martini encourage les rencontres collégiales entre les évêques, en précisant toutefois qu’il ne voit pas la nécessité d’un Concile Vatican III. «Je ne pense pas que le moment soit venu de répéter une expérience telle que le Concile Vatican II, à savoir un Concile général qui prendrait en examen tous les problèmes imaginables», commente en effet le cardinal milanais. Il précise toutefois que le fait de traiter quelques questions de manière collégiale fait partie du chemin historique de l’Eglise.
Selon l’archevêque, il faudrait donc «reproposer le plus possible des rencontres collégiales dans lesquelles les diversités d’expériences, de situations et de langages présents aujourd’hui dans l’Eglise, puissent être confrontées». Le cardinal Martini estime en effet que les synodes, tout en étant utiles, ont une durée trop brève pour «atteindre cette communion qui serait souhaitable». L’archevêque suggère que soient organisées des rencontres entre les présidents des Conférences épiscopales.
Parmi les questions pouvant faire l’objet de telles rencontres, le cardinal Martini cite la façon dont on peut concilier «l’unité nécessaire à l’Eglise et la diversité inévitable, liturgique et pastorale des Eglises locales». Il évoque également la question du manque de prêtres et celle de l’œcuménisme.
Un certain relativisme quant au dialogue interreligieux
Interrogé par ailleurs sur la Déclaration «Dominus Iesus», le cardinal Martini invite à «faire des distinctions» entre ses implications pour le dialogue interreligieux et les points qui concernent le dialogue œcuménique. «Il n’y a pas de doute que quelques-unes des manifestations du dialogue interreligieux peuvent donner l’impression que l’on cède à un certain relativisme», souligne-t-il.
A propos du dialogue œcuménique en revanche, l’archevêque de Milan invite à interpréter le chapitre de la Déclaration qui le concerne dans le cadre de l’encyclique de Jean Paul II «Ut Unum sint». «En ce qui concerne l’œcuménisme, il y a des moments où il est important de promouvoir le dialogue et d’autres où il peut être important de préciser le langage. Les deux appartiennent à ce grand mouvement qui est le chemin vers l’unité; il ne faut pas les opposer», souligne en conclusion le cardinal Martini. (apic/imed/fm)




