Italie: Le dialogue du Vatican avec la communauté juive d’Italie est devenu plus difficile

Le nouveau Grand rabbin de Rome polémique sur «Dominus Iesus»

Rome, 14 mai 2002 (APIC) Le dialogue avec la communauté juive d’Italie est devenu plus difficile depuis la nomination du nouveau Grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, qui a succédé à Elio Toaff. En cause, la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, «Dominus Iesus» sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise, de septembre 2000. Le Vatican avait pourtant fourni à l’époque des explications circonstanciées à la communauté hébraïque «pour clarifier les équivoques».

Le pape Jean Paul II s’était rendu à la grande synagogue de Rome où il avait été reçu par le rabbin Elio Toaff, le 13 avril 1986. Cette visite historique – dans la droite ligne de la Déclaration conciliaire Nostra Aetate -, puis sa prière au Mur des Lamentations à Jérusalem et d’autres démarches significatives, avaient grandement contribué à l’amélioration des relations judéo-chrétiennes. Mais la déclaration «Dominus Iesus» a jeté un froid dans la communauté hébraïque. Malgré les explications fournies à l’époque, le rabbin Di Segni relance la polémique en prétendant que le document romain est une grosse pierre sur le chemin du dialogue.

L’archevêque salésien Tarcisio Bertone, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, tente désormais d’atténuer et de surmonter les difficultés qui ont surgi dans le dialogue entre le Vatican et la communauté juive italienne après la nomination du nouveau Grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni. C’est ce que révèle le mensuel catholique d’information et de culture édité par les religieux pauliniens italiens «Jesus».

Rapport unique et privilégié entre hébraïsme et christianisme

La revue a notamment interviewé Mgr Bertone, qui met en lumière les difficultés qui ont surgi parmi les juifs, notamment italiens, après la publication de la déclaration «Dominus Iesus». Mgr Bertone révèle qu’une rencontre importante a eu lieu avec les représentants juifs italiens. «J’y suis allé pour écouter les raisons des juifs et pour trouver une formule en mesure d’expliquer la véritable pensée de la Congrégation et du cardinal Ratzinger sur le rapport unique et privilégié entre hébraïsme et christianisme».

Le secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi précise que la rencontre a été utile pour se parler franchement. «J’ai expliqué les véritables raisons du document de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et les différences entre la religion hébraïque et les autres religions qui, implicitement du moins, sont abordées aux numéros 7 et 8 de la déclaration ’Dominus Jesus’». Mgr Bertone a résumé la pensée du cardinal Ratzinger telle qu’elle est expliquée dans le livre «L’Eglise, Israël et les autres religions».

Après les éclaircissements donnés par Ratzinger lui-même dans le quotidien du Vatican «L’Osservatore Romano», le 31 décembre 2000, «nous pensions que toutes les incompréhensions et les réactions négatives de la part de la communauté juive avaient été dépassées. (…) Les déclarations du rabbin Riccardo Di Segni nous ont fortement déplu». (apic/vid/jes/be)

14 mai 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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