Evêques italiens contre le Pacs à l’italienne
Italie: Le DICO est une prétention idéologique, estime le nouveau président de la CEI
Rome, 11 mars 2007 (Apic) Mgr Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes, a qualifié le DICO (le Pacs à l’italienne) de «prétention idéologique». Le nouveau président de la Conférence épiscopale italienne (Cei) s’exprimait le 11 mars 2007 dans le quotidien des évêques italiens «Avvenire». Par ailleurs, interviewé le même jour sur la Rai Uno pour l’émission «A Sua Immagine», l’archevêque a estimé que les rapports entre l’Eglise et la société italiennes étaient «dynamiques».
Interrogé sur le thème des unions civiles, Mgr Bagnasco a expliqué qu’on essayait actuellement en Italie, de créer un nouveau sujet alternatif «au nom d’une prétention idéologique». «Il n’y a aucune condamnation pour les cohabitations», mais il est, pour lui, inacceptable de créer un nouveau sujet de droit public qui se voit assigner des droits et des protections semblables à ceux de la famille.
Pour lui, la loi a une fonction pédagogique, créé des coutumes et les mentalités. Or, l’Etat propose aux jeunes «déjà désorientés aujourd’hui», différents modèles de familles. Ils ne sont certainement pas aidés de cette façon à devenir des citoyens adultes, a-t-il estimé.
Légitimer toute instance de ce type signifie «aller contre une expérience millénaire», a encore déclaré le nouveau président de la Cei. En effet, a-t-il insisté, depuis toujours l’humanité reconnaît dans la famille formée par un homme et une femme et ouverte à la vie, le lieu «de sa propre perpétuation» et de l’éducation à la vie.
Droits aux couples non mariés sans distinction de sexe
Le gouvernement italien a adopté, le 8 février, un projet de loi reconnaissant des droits aux couples non mariés sans distinction de sexe, appelé DICO. Le texte est actuellement examiné au Sénat par la commission de la justice. Dans l’après-midi du 10 mars, des dizaines d’associations, syndicats et partis politiques de gauche ont appelé à une manifestation à Rome pour exiger du gouvernement Prodi une loi similaire au Pacs (Pacte civil de solidarité) à la française.
Par ailleurs, interrogé sur la Rai Uno, Mgr Bagnasco a estimé que les rapports entre l’Eglise et la société en Italie étaient dynamiques et que c’est ainsi qu’ils devaient l’être. L’important, pour lui, est que tout ce dynamisme ait lieu au sein d’une reconnaissance réciproque, «sans préjugés d’aucune partie, et sans chasse aux sorcières, de façon à ce que chacun puisse vraiment offrir à tous avec sérénité, dans la bienveillance absolue et en même temps dans une clarté absolue, la richesse de son coeur et de son intelligence ainsi que de son expérience». Il a souhaité que celui puisse se passer «sereinement et sans agression».
C’est seulement dans ce contexte, a-t-il estimé, que la rencontre entre l’Eglise et la société peut devenir un motif de construction et d’enrichissement pour tous.
Aucune intention d’ingérence
«Nous n’avons aucune intention d’ingérence (dans la vie politique italienne, ndlr), d’intérêt ou d’hégémonie. Nous parlons de la valeur de l’être humain, et sur ce terrain l’Eglise a beaucoup à dire», avait-il indiqué dans le quotidien Il Messaggero, le 9 mars.
Mgr Angelo Bagnasco a été nommé par Benoît XVI à la tête de la Conférence épiscopale italienne (CEI) le 7 mars 2007. Agé de 64 ans, il succède au cardinal Camillo Ruini. C’est «avec un grand acte de confiance et de prompte obéissance» mais aussi «avec une grande gratitude pour la confiance qu’il a exprimé» pour ma personne, que l’archevêque de Gênes a dit oui au pape et a accepté de devenir président de la Cei. (apic/imedia/ar/be)



