Discours au Conseil permanent des évêques de la péninsule

Italie: Le Pacs est inadapté à la société italienne, estime le cardinal Ruini

Rome, 23 janvier 2007 (Apic) Le cardinal Camillo Ruini a expliqué pourquoi les projets gouvernementaux de pacte civil de solidarité (Pacs) étaient inadaptés à la société italienne. Le président de la Conférence épiscopale italienne s’est exprimé, le 22 janvier 2007, lors de l’ouverture du Conseil permanent des évêques de la péninsule.

Le cardinal, comme à l’accoutumée, a offert un tour d’horizon de l’actualité italienne et mondiale. Il est aussi revenu sur son refus, en tant que vicaire de Rome, d’accorder des funérailles religieuses à Piergiorgio Welby, décédé après avoir demandé à un médecin de débrancher le respirateur artificiel qui le maintenait en vie depuis 9 ans.

Critiquant les projets de Pacs du gouvernement de Romano Prodi, actuellement en discussion au Sénat, et les pressions pour l’adoption d’une telle législation, le cardinal Ruini a estimé que ce n’était pas «un modèle pour la société italienne». «Chez nous, a indiqué le cardinal, la famille a un très grand rôle social et donne une contribution particulièrement élevée à l’éducation des enfants. En même temps, depuis de nombreuses années, nous sommes en prise avec une très grave crise de natalité qui menace l’avenir du pays».

Soutenir «la famille légitime fondée sur le mariage»

Ainsi, selon le cardinal Ruini, «la préoccupation première et commune des responsables de la chose publique devrait être le soutien de la famille légitime fondée sur le mariage, en accord avec le droit constitutionnel, et la réduction de tous les obstacles d’ordre pratique, mais aussi juridiques et fiscaux qui dissuadent les jeunes couples de contracter un mariage et de faire des enfants».

Le cardinal Ruini a expliqué que, concrètement, «la réalité des unions de fait, celle entre personnes de sexes différents, est certainement en augmentation, même si elle reste à des niveaux plus contenus que dans d’autres pays, mais la grande majorité d’eux vivent dans la prévision d’un futur et possible mariage, ou préfèrent rester dans une situation d’anonymat et d’absence de liens».

Quant «aux couples homosexuels bien moins nombreux, pour une bonne part, ils veulent à leur tour rester un fait exclusivement privé et réservé». Le cardinal Ruini s’est ainsi dressé contre les revendications de certains homosexuels qui verraient dans la reconnaissance légale des unions de fait la «possibilité d’ouvrir la voie au mariage». «Une telle revendication est contraire avec les données anthropologiques fondamentales et plus particulièrement avec le bien des enfants, qui est la raison spécifique de la reconnaissance sociale du mariage», a rappelé le président de la Conférence épiscopale italienne.

Refus des funérailles pour Piergiorgio Welby

Ainsi, pour le cardinal Ruini «la législation et la jurisprudence actuelles assurent déjà la protection d’un certain nombre de droits des personnes vivant en concubinage et pleinement les droits de leurs enfants. Pour d’autres aspects qui pourraient avoir besoin d’une protection juridique, il existe avant tout la voie du droit commun, assez vaste et adaptable à différentes situations». «On pourrait remédier à d’éventuelles lacunes ou difficultés à travers la modification du code civil». Il n’y a dont «aucun motif de créer un modèle législatif préconçu qui, inévitablement, configurerait quelque chose de semblable au mariage».

Par ailleurs, le cardinal Ruini est revenu sur son refus d’accorder des funérailles religieuses à Piergiorgio Welby, atteint de dystrophie musculaire et décédé le 20 décembre après avoir obtenu qu’un médecin le débranche du respirateur qui le maintenait en vie. Cette attitude avait profondément choqué les Italiens. «La douloureuse décision de ne pas lui concéder (les obsèques religieuses) est née du fait que le défunt, jusqu’à la fin, a persévéré lucidement et consciemment dans la volonté de mettre un terme à sa propre vie : dans de telles conditions, une décision différente aurait été impossible et contradictoire pour l’Eglise, car elle aurait légitimée une attitude contraire à la loi de Dieu». Conscient que cette décision a pu choquer, le président de la Conférence épiscopale italienne a rappelé la valeur de la vie humaine dont «même le malade ne peut disposer».

Le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque émérite de Milan, a pour sa part critiqué implicitement l’intransigeance de l’Eglise dans l’affaire Welby. Le 21 janvier, il a en effet appelé l’Eglise à «plus d’attention pastorale» envers les malades incurables qui réclament «en toute lucidité» la cessation des soins qui les maintiennent en vie. (apic/imedia/hy/be)

23 janvier 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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