Suggestion de Jean Paul II sur le Concordat: (100394)

Italie: le pape a reçu le nouvel ambassadeur italien près le Saint-Siège

Vers une nouvelle controverse en Italie sur la question?

Rome, 10mars(APIC) Les dispositions heureuses du Concordat de 1929 confirmées par la révision de 1984 entre l’Eglise et l’Etat italien ne pourraient-elles être appliquées à des domaines qui n’y sont pas pris en considération? Jean-Paul II l’a suggéré au nouvel ambassadeur italien près le

Saint-Siège, Bruno Bottai, qu’il a reçu jeudi en audience. Des paroles qui

risquent de rallumer la controverse en Italie.

Dans son discours au nouvel ambassadeur, le pape a d’abord plaidé pour

la défense de la famille. «Que la nation italienne, se souvenant de son patrimoine moral et civil incomparable, et consciente du rôle de la famille

pour favoriser une convivialité sociale sereine, reste une gardienne soucieuse de la dignité et des droits d’une institution tellement fondamentale

du droit naturel», a-t-il dit. «La famille, a insisté le pape, a besoin du

soutien d’une politique cohérente, qui sache en satisfaire les exigences

économiques, juridiques et sociales, et qui s’engage dans la protection du

caractère sacré de la vie, de sa conception jusqu’à son terme naturel.»

Dans le même registre, Jean-Paul II s’est dit inquiet des prises de position récentes qui «semblent menacer de près les droits fondamentaux de la

famille» – allusion, entre autres, aux récentes initiatives prises aux niveaux européen et italien sur la discrimination des homosexuels.

Auparavant, Jean-Paul II s’était félicité que les rapports historiquement tendus entre l’Eglise et l’Italie ont trouvé «un équilibre heureux et

vital lors du Concordat de 1929, confirmé par la révision de 1984».

Le pape a en même temps relevé que «plusieurs questions importantes,

comme la sauvegarde du grand patrimoine des biens culturels ecclésiastiques» attendent une solution définitive. Il a ajouté que «toute réglementation juridique» peut être modifiée «au service de la cause de l’homme», et

être étendue à «d’autres domaines, même si ceux-ci n’ont pas été directement prévus par les accords suscités». Le pape a livré le fond de sa pensée, disant viser «les attentes justes et légitimes» concernant «la destinée de l’Eglise catholique». En clair: la question de son financement par

l’Etat, qui fait actuellement l’objet de discussions très vives en Italie.

Jean-Paul II a conclu en assurant «l’engagement des évêques et de tous

les autres composantes de la communauté ecclésiale» en ce «moment historique délicat du pays». (apic/sv/pr)

10 mars 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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