Italie: Les commentaires d’un évêque sur les refoulements
«Migrants sur le chemin de la faim et de la mort»
Ivrea, 21 mai 2009 (Apic) «Ils ont été reconduits de force sur les chemins de la faim et de la mort qu’ils connaissaient déjà: pas tous avaient besoin d’asile, pas tous étaient des saints mais tous pauvres c’est certain et dans ce cas ils ont rappelé la figure du Christ lâché par Pilate et Hérode et vice versa; ces deux derniers devinrent amis ce jour-là, après avoir été ennemis. A ces faits, tristes et humiliants, se sont ajoutées des propositions – ensuite qualifiées de blagues – en vue d’un apartheid inattendu à mettre en place à Milan».
C’est ce qu’écrit Mgr Arrigo Miglio, évêque d’Ivrea et président de la Commission pour les Problèmes sociaux et l’Emploi de la Conférence épiscopale italienne (Cei), dans un éditorial publié jeudi par le journal diocésain Réveil (Risveglio), cité par Misna.
Commentant les derniers développements politiques et sociaux dans le pays en matière d’immigration, l’évêque aborde la question des récents refoulements des migrants en Libye: «Les premières victimes ne sont pas seulement celles qui ont été reconduites au point de départ. On n’avait jamais autant parlé et nous ne nous étions jamais sentis autant responsables du sort tragique de ceux retrouvés en mer ces derniers mois (…) Naufragés ensevelis en mer, naufragés de la mer et de la vie, avec leurs haillons et leurs yeux qui nous interrogent sur notre propre crise et en particulier sur les publicités visant à nous faire consommer davantage et de tout».
Après avoir réfléchi sur les modalités avec lesquelles la question de l’immigration est affrontée dans notre pays, Mgr Miglio précise: «La vraie boussole pour nous orienter reste celle offerte par la valeur et la dignité intangibles des personnes, de chaque vie humaine et de ses droits fondamentaux, qui ne sont pas la concession d’aucune autorité ou loi humaine mais sont inscrits dans la l’existence même de chaque homme et chaque femme, dans l’existence concrète historique de chaque personne».
Sur la base de ce critère fondamental, souligne le prélat, «on peut et on doit conjuguer» tous les critères à prendre en compte: la légalité, l’affranchissement des mafias des trafiquants de clandestins ou la vérification des motivations de la demande d’asile, «mais pas au détriment de la valeur intangible de la vie et de la personne». (apic/minsa/pr)



