Italie: Pour le cardinal Martini, «préservatif» et «avortement légal sont «un moindre mal»
«Les interdits et les «non» ne servent à rien»
Rome, 21 avril 2006 (Apic) Le cardinal italien Carlo Maria Martini, considéré comme l’un des chefs de file des libéraux dans l’Eglise, a qualifié vendredi de «moindre mal» le préservatif, l’avortement légal et l’adoption d’embryons, relançant ainsi le débat sur ces questions au sein du monde catholique, indique l’Agence France presse.
Le cardinal Martini, 79 ans, jésuite et ancien archevêque de Milan aujourd’hui retiré à Jérusalem, était l’un des papables l’an dernier à la mort de Jean Paul II.
Dans un dialogue avec le chercheur Ignazio Marino, publié par l’hebdomadaire italien «L’Espresso», cité par l’AFP, le prélat a discuté des «cas limites» posés à la morale chrétienne par certaines situations ou par le développement de la science. «Certainement, l’utilisation du préservatif peut constituer dans certaines situations un moindre mal» face au sida, souligne-t-il. «Mais la question est de savoir s’il revient aux autorités religieuses de faire de la propagande pour un tel moyen de défense», ajoute-t-il aussitôt.
A propos de l’avortement, le cardinal Martini juge «somme toute positif» que sa légalisation ait «contribué à réduire et tende à éliminer les avortements clandestins». Selon lui, «il est difficile qu’un Etat moderne n’intervienne pas au moins pour empêcher une situation sauvage et arbitraire», «ce qui ne veut pas dire «licence de tuer»«, relève-t-il. Précisant à ce niveau qu’il que l’Etat s’efforce de diminuer les avortements «par tous les moyens».
Le cardinal italien classe également parmi les moindres maux l’adoption à fin d’implantation des embryons congelés, même par une femme seule, plutôt que leur destruction. «Là où il y a un conflit de valeurs, il me paraît éthiquement plus significatif de proposer une telle solution qui permette à une vie de s’épanouir plutôt que de la laisser mourir», explique-t-il.
Le cardinal Martini estime enfin que le rôle de l’Eglise est de «former les consciences», d’aider à «discerner le bien du mal en toutes occasions», mais que «les interdits et les «non» ne servent à rien». (apic/ag/pr)



