La mémoire de Don Puglisi reste vivante

Italie: Pour une demande de pardon de l’Eglise pour ses connivences avec la mafia

Milan, 9 novembre 1999 (APIC) Dans le climat pénitentiel du Jubilé de l’an 2000, l’Eglise devrait inclure, parmi les multiples demandes de pardon, celle pour «les connivences, les retards, les silences, les compromis des chrétiens et des hommes d’Eglise vis-à-vis de la mafia», estime le jésuite Bartolomeo Sorge.

Le religieux très connu en Italie fait cette proposition dans la revue des jésuites italiens «Aggiornamenti sociali», à l’occasion de l’ouverture du procès de béatification de don Pino Puglisi, prêtre de Palerme assassiné par la mafia à cause de son engagement social. «Un acte pénitentiel de ce type, éclairé par le martyre de don Puglisi, écrit le jésuite, n’aurait pas le ton d’une critique destructive, il se transformerait au contraire en manifestation de la puissance de Dieu qui se révèle pleinement à travers la fragilité des hommes.»

Pour le jésuite, une telle démarche serait le signe efficace d’une volonté de conversion sincère à l’occasion du Grand Jubilé de l’an 2000 et une façon d’assurer la continuité et l’expression du témoignage de don Puglisi. À ses yeux, le prêtre palermitain appartient au groupe des nouveaux martyrs, «ceux qui ne sont plus tués parce qu’ils croient, mais parce qu’ils aiment».

Curé de la paroisse de Brancaccio à Palerme, don Pino Puglisi a été assassiné par la mafia le 15 septembre 1993, pour avoir voulu défendre les droits des personnes exploitées et tenté de protéger les enfants des organisations criminelles ou de les en extraire. La Congrégation romaine pour les causes des saints a autorisé l’ouverture de son procès de béatification. La première session du procès diocésain a eu lieu le 16 septembre dernier à la cathédrale de Palerme. (apic/cip/zn/mp)

9 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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