l’encyclique de Jean Paul II sur la morale
Italie: Réactions protestantes critiques à (061093)
Rome, 6octobre(APIC) Les milieux protestants italiens ont réagi de façon
critique et sévère, mais avec des nuances, à la publication mardi de l’encyclique de Jean Paul II sur la morale «Veritatis splendor», contestant
notamment le principe même de l’existence d’une «loi naturelle».
Sergio Rostagno, professeur à la Faculté de théologie de l’Eglise vaudoise de Rome, regrette que l’éthique du Nouveau Testament, sur laquelle on
dispose de tant de travaux enrichissants, y compris du côté catholique,
soit «enfermée dans un corset où elle se trouve à l’étroit».
«Jean Paul II a fort bien perçu quelques noeuds du débat éthique actuel,
comme le lien entre la vérité et la liberté», observe-t-il, mais l’encyclique y répond en réaffirmant l’obéissance aux normes édictées par sa propre
Eglise. Le professeur de l’Eglise vaudoise ajoute que «somme toute, ces positions catholiques méritent une discussion».
Le professeur Massimo Aprile, vice-présient de l’Union des Eglises baptistes, retrouve dans l’encyclique «la phobie ancestrale de l’Eglise de Rome pour la liberté». Pour lui, l’encyclique «Veritatis splendor» ne contribuera pas au dialogue oecuménique de l’Eglise de Rome avec le monde protestant». De son côté, le professeur Hans Philippi, doyen de l’Eglise luthérienne italienne, s’intéresse davantage à l’aspect pastoral.
Il est plus dur dans son appréciation: «L’encyclique ne dit rien d’utile
à ma fille, à mes amis homosexuels et à tous ceux qui veulent simplement
vivre en tant que femmes et hommes sans peur et sans l’obligation d’appliquer des règles abstraites. La mise en parallèle avec le martyre me semble
cynique, si on pense au martyre de tant de personnes, justement, dans le
domaine de la vie sexuelle, un martyre provoqué par l’Eglise et la prétendue éthique sexuelle chrétienne depuis l’époque de saint Augustin…».
(apic/sv/be)



