Italie: Réflexion du cardinal Camillo Ruini sur la mort et sur le terrorisme
«L’homme se retrouve sans défense et sans réponse»
Rome, 21 septembre 2004 (Apic) Le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence épiscopale italienne, a lancé une réflexion sur l’éclipse de la réalité de la mort dans la société, ainsi qu’un tour d’horizon international, largement marqué par l’empreinte du terrorisme. Il s’est exprimé à l’occasion du Conseil permanent de la Conférence épiscopale, qui s’est ouvert dans la soirée du 20 septembre.
Inspiré par les actes terroristes «qui se multiplient ces dernières années», provoquant de manière «nouvelle et terrible, l’irruption de la réalité de la mort» dans la vie quotidienne, le vicaire de Jean Paul II pour le diocèse de Rome a souligné combien cette réalité avait été «marginalisée de l’expérience concrète». L’homme se retrouve ainsi «sans défense et sans réponse» et donc «tenté de fuir, en l’excluant de l’horizon de ses pensées». S’adressant aux évêques italiens, le cardinal Ruini a donc demandé d’éviter la grave erreur qui consiste à «laisser la mort et le destin éternel en marge des prédications», mais plutôt de montrer que Dieu est «vainqueur de la mort».
Alors que tout le pays se retrouve plongée au coeur du drame irakien, en particulier par le biais des deux jeunes Italiennes prises en otage, le cardinal vicaire a condamné les «assassinats barbares montrés en spectacles». Evoquant les autres points chauds du globe, il a invité «la communauté internationale, c’est à dire chaque nation, à faire face aux organisations de la terreur avec les plus grandes énergie et détermination, sans donner l’impression de subir leurs pressions et leurs exigences». En parallèle, il a appelé à une prise de conscience «culturelle, morale, économique et politique» des fondements du terrorisme.
L’apport de la foi chrétienne à la civilisation actuelle
«Quant à nous, a-t-il poursuivi, un éclaircissement intérieur serait d’une importance fondamentale, dans notre conscience personnelle et collective, reconnaissant sans réticence notre part de responsabilité – historique ou actuelle – dans les situations d’injustice qui affligent le monde». Le cardinal Ruini a expliqué que cette démarche devait être effectuée, «sans oublier ou sans déprécier nos racines, la grandeur et la beauté de la foi chrétienne, l’apport extraordinaire que cette dernière a pu offrir et donne encore à la civilisation à laquelle nous appartenons mais aussi au développement de la vie commune au niveau mondial afin qu’il soit libre, pacifique et solidaire, et finalement respectueux de la dignité unique et irréductible de la personne humaine».
A ce propos, le cardinal Ruini a épinglé le gouvernement espagnol qui cherche selon lui – en proposant une légalisation des mariages homosexuels – à «vider la famille de sa signification et de son rôle social, sans se rendre compte de la portée de tels changements, qui bouleversent les fondements mêmes de la vie commune, et de la formation des personnes». (apic/imedia/bb)




