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Italie: un enseignant ne peut pas refuser un crucifix dans sa classe

En Italie, un enseignant n’a pas le droit d’opposer son veto à l’installation d’un crucifix dans une salle de classe. Ainsi en a décidé la plus haute juridiction italienne, le 9 septembre 2021. Les évêques sont satisfaits.

Selon l’arrêt, il est constitutionnel pour un directeur d’école d’ordonner l’accrochage d’un crucifix dans les salles de classe sur la base d’une décision majoritaire indépendante de la communauté scolaire. Cela s’applique également aux symboles d’autres religions si celles-ci sont représentées dans la classe.

Entendre les parties concernées

Cependant, dans le cas du crucifix, a poursuivi le tribunal dans son jugement, «une solution appropriée devrait être recherchée entre différentes positions». Par exemple, un enseignant qui est contre un crucifix n’a pas de droit de veto. Mais il doit être entendu et sa liberté de religion respectée.

Dans l’affaire en question, le directeur d’un collège professionnel d’État à Terni, en Ombrie, avait émis une circulaire ordonnant de suspendre une croix. Selon les juges, cette procédure n’était pas conforme à l’idée d’une «communauté scolaire en dialogue» qui recherche une solution commune, tout en respectant les différentes sensibilités. Par conséquent, la sanction disciplinaire imposée à l’enseignant par l’administration scolaire n’était pas légale.

Toutefois, l’enseignant n’avait pas non plus droit à une indemnisation. «Le fait de poser un crucifix, qui dans un pays comme l’Italie est lié au sens de la communauté et aux traditions culturelles qui y sont vécues, ne constitue pas une discrimination à l’encontre de l’enseignant», ont conclu les juges.

Les évêques italiens se félicitent du jugement

Les évêques italiens ont salué cette décision. «Les juges de la Cour suprême ont confirmé que le crucifix dans les salles de classe ne provoque ni division ni opposition», a commenté le secrétaire général de la Conférence épiscopale, Stefano Russo. La Cour a ainsi reconnu l’importance de la liberté religieuse, la valeur de l’appartenance et l’importance du respect mutuel. Et les juges ont, par la même occasion, rejeté une «vision laïciste de la société qui veut débarrasser l’espace public de toute référence religieuse». (cath.ch/kath.ch/cic/bh)

Le Conseil fédéral ne voit pas la nécessité de légiférer sur les signes religieux dans les lieux publics. | Elycefeliz/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0
10 septembre 2021 | 13:34
par Rédaction
Crucifix (20), Italie (173)
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