Il avait proposé d’excommunier les mafieux

Italie: Un évêque très populaire en Calabre muté par le Vatican

Rome, 8 novembre 2007 (Apic) Mgr Giancarlo Maria Bregantini, évêque de Locri-Gerace en Calabre, quitte ses paroissiens sous les applaudissements et les larmes. La dernière messe a été célébrée le 7 novembre après l’officialisation du transfert du prélat au diocèse de Campobasso-Bojano, province de Molise, en Calabre.

La cathédrale de Santa Maria del Mastro, à Locri, en Calabre, était pleine pour la dernière messe le 7 novembre de Mgr Giancarlo Maria Bregantini, dans la région depuis 13 ans et promu maintenant nouvel archevêque métropolitain de Campobasse-Bojano, à la place de Mgr Armando Dini qui laisse l’archidiocèse molisain pour limite d’âge. Le 20 janvier Mgr Bregantini lui succédera. Né en 1948, originaire du Trentin, ce religieux énergique a mené un combat de chaque instant contre la mafia. Sa tête a même été mise à prix.

«Je reçois cette nomination avec obéissance Je pars, comme je suis venu, avec obéissance, a dit le prélat à Radio Vatican, répondant avec «disponibilité» à l’ordre papal. «Même si je ressens de la souffrance dans mon coeur. Je passe le témoin aux jeunes. Ils restent ici, mais ils ont appris une méthode et la feront croître, avec intensité».

La Calabre est encore traitée comme une terre oubliée a-t-il encore ajouté. Il y manque 3 choses. D’abord, que toutes les institutions fassent leur part, de manière pleine, qualitative et quantitative. Puis il manque la communication, le lien entre toutes les réalités positives de ce pays, et ensuite une coordination exécutée d’une meilleure façon.

A sa place, Mgr Bregantini espère que soit choisi comme évêque «une personne qui soit avant tout humble, capable de s’adapter et de se pencher sur les blessures des gens. Car les gens, ici en Calabre ont surtout besoin d’un grand réconfort et d’une grande consolation au nom du Christ». Le reste viendra de leur ténacité. Même dans la place qui lui a été consacrée par les médias dans son action pour lutter contre la mafia, le religieux lit «l’affection pour cette terre, pas seulement pour l’évêque, mais pour cette terre. Et de cela je remercie les médias».

Le transfert de Mgr Bregantini, amplement commenté par la presse locale et régionale ces derniers jours, a suscité des critiques et des polémiques de la part des instances officielles, en particulier du gouverneur de la province, Agazio Loiero et du syndic de la Locride, province de Reggio Calabre, ainsi que de personnalités de la société civile.

Encore le 7 novembre les fidèles recueillaient des signatures, non pour protester contre la décision pontificale mais comme témoins de lien, de foi et d’affection avec «notre pasteur», familièrement appelé Don Giancarlo.

Encore à l’occasion du récent massacre de 6 Italiens à Duisbourg en Allemagne, soupçonnés de liens avec la mafia calabraise, Mgr Giancarlo Bregantini avait appelé les femmes à mettre un terme à la vendetta entre les clans du village de San Luca, dans une interview au Corriere della Sera. (apic/repubblica/vb)

8 novembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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