Quel Dieu W. Bush et Saddam Hussein invoquent-ils?
Ivone Gebara, théologienne brésilienne, hôte de la campagne de Carême
Lausanne, 9 avril 2003 (Apic) Théologienne brésilienne connue, Ivone Gebara, de la congrégation des Soeurs de Notre-Dame, était l’hôte de la campagne oecuménique de Carême. Les deux principaux protagonistes de la guerre en Irak ont tenté d’embrigader Dieu de leur côté. Réaction d’Ivone Gebara.
«Cela me heurte. J’ai envie de leur dire: «Taisez-vous! N’utilisez plus le nom de Dieu! Faites vos choix en votre propre nom, ou au nom de vos idéologies!’» Si Dieu a fait l’homme à son image, l’homme le lui a bien rendu, dit-on parfois et Ivone Gebara souscrit à ce qui n’est pas seulement une plaisanterie. «Nous parlons de Dieu à partir de notre culture, de nos limites, mais son mystère nous échappe. Nous sommes invités au silence devant ce mystère. Cependant, si notre parole et notre raison n’ont pas prise sur lui, nous pouvons le percevoir».
Pour Ivone Gebara, l’amour du prochain est l’unique manière d’expérimenter qui est Dieu. «Nous ne pouvons éprouver la transcendance qu’en nous approchant de notre soeur, de notre frère». L’Evangile nous dit de juger l’arbre à ses fruits. «Si les actions de ceux qui l’invoquent conduisent sur le chemin de la justice, de la non-violence, de la solidarité, il y a quelque chose de vrai dans leur relation à Dieu. Si au contraire elles provoquent la violence, l’aliénation, la dépendance ou la guerre, il faut s’en méfier».
Dieu dépasse nos catégories
Figure marquante de la théologie féministe, Ivone Gebara s’en prend au Dieu patriarcal de nos Eglises. «C’est seulement au XXème siècle, lorsque des femmes, prenant conscience de leur dignité, se sont senties mal à l’aise avec une image de Dieu purement masculine, qu’on s’est aperçu des limites d’une telle image. Mais il ne s’agit pas non plus de dire Dieu seulement au féminin. Et dire Dieu au féminin et au masculin est aussi limité». Dieu dépasse nos catégories? «Voilà, Dieu dépasse nos catégories de genre, comme celles de nos nations ou de nos idéologies».
«S’écouter pour s’entendre», tel est le slogan de la campagne de Carême. Selon l’Evangile, Jésus loue son Père d’avoir caché son mystère aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Ecoute-t-on suffisamment ces tout-petits dans l’Eglise, en particulier au Brésil? «Il y a une trentaine d’années, j’aurais répondu oui. L’Eglise avait fait l’option pour les pauvres. Aujourd’hui, j’ai tendance à dire qu’il y a une Eglise au milieu des pauvres. Ce n’est pas nécessairement l’Eglise institutionnelle. Au sein de cette dernière, des personnes s’approchent des pauvres et les écoutent. Cependant, elle a plutôt tendance à s’en éloigner. Quand on parle de l’Eglise, on ne pense pas assez au peuple de Dieu, aux communautés de base. Et là, il y a des gens qui font une option pour eux- mêmes, pauvres. Ils s’entraident, construisent une fraternité, fragile, bien sûr, comme tout ce qui naît au milieu des défavorisés, mais c’est tout de même une fraternité». (mba/apic/pr)
Ecosse: Une Eglise veut inventorier son argenterie
Le tour des paroisses du pays en dix ans
Edimbourg, 9 avril 2003 (Apic) Kirpatrick Dobie, membre du conseil de l’Eglise d’Ecosse, aura dix pour inventorier l’argenterie et d’inventorier tous les articles de communion et de baptême dans les églises d’Ecosse, à la demande de l’Assemblée générale de son Eglise. Son projet le conduira dans toutes les paroisses d’Ecosse. Il y en a 1’200.
Le projet a été mis sur pied en raison «de l’importance des collections qui font partie de l’héritage national de l’Ecosse».
«C’est de loin la plus importante collection d’argenterie des 16e et 17e siècles», a déclaré Kirpatrick Dobie. «Etant donné l’histoire politique mouvementée d’Ecosse, la plupart des articles n’appartenant pas à l’Eglise ont disparu, principalement pour collecter des fonds pour les guerres.
La communion et le baptême sont les deux seuls sacrements reconnus par la Kirk, comme s’appelle l’Eglise presbytérienne d’Ecosse, qui compte environ 600’000 fidèles.
Expert en argenterie, Kirpatrick Dobie profite actuellement d’une retraite partielle, et il consacre un jour par semaine au projet. Il a commencé par visiter les églises des districts de Melrose et Peebles, Ardrossan, Dundee et Lochcarron-Skye.
Il estime que la valeur des objets de communion et de baptême – en argent, en étain et en ruolz (un alliage argenté par galvanoplastie) – se situe entre «pratiquement rien» et plus de 150’000 euros par église. Il a ainsi découvert qu’une église possédait une paire de calices rares du 18e siècle et que tout le monde l’ignorait.
Douglas Galbraith, secrétaire du comité de l’Eglise chargé du domaine artistique, a précisé que certaines paroisses, confrontées au problème de l’entretien des églises, voulaient parfois vendre leurs objets précieux, et devaient pour cela obtenir l’approbation des autorités ecclésiastiques.
«Elles sont très déçues lorsque celles-ci refusent. Mais le profit financier de la vente est éphémère».
Objets précieux
Parmi les objets précieux possédés par l’Eglise figure une assiette d’étain de la période de la guerre d’indépendance américaine de la fin du 18e siècle, fabriquée à Glasgow et qui porte l’inscription «Success to the USA» (succès pour les Etats-Unis d’Amérique), indique l’Agence oecuménique ENI.
Une assiette d’argent du 17e siècle montre un fidèle agenouillé à la table de communion – référence apparente à la tentative infructueuse du roi Jacques VI d’Ecosse (qui a aussi dirigé l’Angleterre sous le nom de Jacques Ier) de faire appliquer la pratique anglicane de s’agenouiller.
Parmi les grands trésors figure la «Mary Cup» en argent, un calice de communion traditionnellement associé à Marie Stuart, couronnée reine d’Ecosse et exécutée sur ordre de la reine Elisabeth Ière en 1587. (apic/eni/pr)



