Luk De Hovre =

IXe Rencontre internationale Hommes et Religions Une intervention de Mgr

Florence, 25 octobre 1995 (CIP)

Pour construire l’Europe à la veille du troisième millénaire, les chrétiens

devront réexplorer le rôle unique du Christ Rédempteur à partir des

questions de l’homme d’aujourd’hui. «Sans base christologique, on ne pourra

offrir cette réalité d’espérance chrétienne qui fonde le sens ultime», a

déclaré à Florence Mgr Luk De Hovre, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles

et délégué de la conférence épiscopale belge auprès de la Commission des

conférences épiscopales de la Communauté Européenne.

Mgr De Hovre s’exprimait mercredi à la IXe Rencontre internationale Hommes

et Religions organisée à l’initiative de la communauté romaine de

Sant’Egidio. Il a pris la parole dans le cadre d’une table ronde à laquelle

participaient également le cardinal Joseph Glemp, primat de Pologne, Mgr

Sean Brady, évêque coadjuteur d’Armagh (Irlande du Nord), Mgr Quintal de

Gouveia, archevêque d’Evora (Portugal), le Rév. Jack Nicholls, archevêque

anglican de Lancaster (Grande-Bretagne), le Rév. Gilleasbuig MacMillan,

ministre de la cathédrale d’Edimbourg (Ecosse) et Mgr Makarij, archevêque

ukrainien orthodoxe de Vinnica et Braclev (Patriarcat de Moscou).

L’évêque auxiliaire de Bruxelles a plaidé pour l’intégration de l’Europe,

ensemble de nations et de groupements de nations qui, a-t-il rappelé, ne se

limite pas aux Quinze, ni au 32 membres du Conseil de l’Europe. C’est dans

le cadre d’une Europe élargie aux dimensions du continent que l’Eglise voit

sa mission, a-t-il indiqué, comme l’ont clairement rappelé l’assemblée

spéciale du Synode des évêques d’Europe (1991) et l’assemblée des Eglises

protestantes tenue à Budapest en 1992. En dépit des difficultés dans le

domaine de l’oecuménisme, il est clair que toutes les Eglises sont engagées

ensemble dans le processus de construction européenne, comme le souligne le

rapport final de la rencontre oecuménique organisée à Saint-Jacques de

Compostelle en 1991 par le Conseil des conférences épiscopales européennes

(CCEE) et la Conférence des Eglises Européennes (KEK).

Quant à l’apport spécifique des Eglises dans la construction européenne,

Mgr De Hovre a longuement cité Jacques Delors, l’ancien président de la

Commission Européenne, qui, a-t-il dit, était conscient de leur rôle vital.

Quelques suggestions

Après avoir décrit les instruments que les Eglises se sont donnés pour

faire entendre leur voix face aux défis actuels – Commission des épiscopats

de la Communauté Européenne (COMECE), Office catholique d’information pour

l’Europe (OCIPE), Commission oecuménique européenne pour l’Eglise et la

Société (EECCS)… -, Mgr De Hovre a conclu par quelques suggestions. «Il

est clair, a-t-il dit, que notre mission chrétienne exige que nous nous

reposions sans cesse la question du sens de la vie. Les Eglises chrétiennes

doivent réexplorer du rôle unique du Christ Rédempteur à partir des

questions de l’homme d’aujourd’hui. Sans base christologique, on ne pourra

offrir cette réalité d’espérance chrétienne qui fonde le sens ultime.» La

question des valeurs et d’un système des valeurs pour l’Europe, a-t-il

ajouté, est fondamentale à l’aube du troisième millénaire, et elle invite

les chrétiens à travailler main dans la main.

La promotion de la famille tient à coeur aux Eglises, qui en font «une

priorité». «Encore un domaine où la coopération avec les institutions

Européennes est possible», a constaté Mgr De Hovre, «en dépit des

difficultés dues au l’extrême fluidité du concept de famille dans la

perception qúen ont les institutions».

Les questions de justice sociale sont pour les Eglises «d’une importance

cruciale» et offrent des occasions de témoigner de la collaboration

oecuménique au plan européen. Mgr De Hovre a relevé ici la contribution

particulière apportée par la COMECE à la publication du Livre Blanc sur

l’Europe sociale.

Enfin, la sauvegarde du dimanche comme journée de repos appelle une

«vigilance soutenue et conséquente». Là encore, a indiqué Mgr De Hovre, une

collaboration oecuménique s’impose, ainsi qúavec «les personnes et les

groupes qui défendent le repos dominical pour des raisons non religieuses».

L’évêque auxiliaire de Bruxelles a terminé en soulignant que «la tâche et

la mission des Eglises est de promouvoir la dignité de la personne humaine

pour le bien commun de la société européenne».

26 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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