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«L’Evangile ne doit pas servir à des fins politiques» ENI-95-0238çF

Genève, le 15 septembre (ENIçEdmund Doogue) – Pour le président du Comité

central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), l’Evangile ne devrait

jamais être exploité à des fins politiques.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, tenue le deuxième jour de la

réunion du Comité central du COE, le catholicos Aram Ier, de l’Eglise

apostolique arménienne, a affirmé que tous les conflits pour défendre

l’identité religieuse devaient être rejetés.

Il répondait au flot de questions sur l’Eglise orthodoxe serbe, posées

principalement par des journalistes germanophones, qui voulaient savoir

pourquoi l’Eglise serbe n’avait pas «confessé» le péché de soutien au

nationalisme serbe, comme les Eglises allemandes après la deuxième guerre

mondiale.

L’Eglise orthodoxe serbe est membre du COE. Ces derniers mois, certaines

Eglises protestantes et organismes qui leur sont rattachés, en Allemagne,

en Suisse et aux Pays Bas ont exprimé leur préoccupation concernant la

position de l’Eglise serbe. Ces Eglises d’Europe occidentale ont aussi

exercé certaines pressions sur le COE afin que celui-ci adresse des

reproches à l’Eglise serbe. En même temps, les partisans de l’Eglise

orthodoxe serbe ont mis l’accent sur les condamnations répétées – adressées

par les évêques de l’Eglise serbe – de toutes les formes de violence et de

guerre perpétrées au nom de la religion.

Interrogé par les journalistes le 15 septembre sur la réaction du COE

concernant l’action des Eglises en ex-Yougoslavie, le catholicos Aram Ier a

répondu: «Qui dit que le COE est resté indifférent ou silencieux sur la

Bosnie? Nous avons exprimé notre préoccupation, mais nous avons évité de

prendre une position agressive parce c’est notre rôle d’aider l’Eglise

orthodoxe serbe à jouer un rôle positif.»

Alors que «l’action publique» pouvait parfois compliquer un problème, a

précisé le président du Comité central, le COE était en contact permanent

avec l’Eglise serbe, lui rappelant d’entreprendre une action constructive.

«Je crois en l’action, mais je ne crois pas dans le militantisme

superficiel», a-t-il souligné. «Toute action prise par le COE devrait

réfléchir notre position commune. Nous ne pouvons pas simplement agir pour

agir.»

Il a ajouté que c’était un problème que les Eglises membres du COE

devraient traiter et débattre. (385 mots)

18 septembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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