Japon: Une responsable chrétienne alerte ses concitoyens sur le sort des réfugiés

Japon et Europe: même débauche d’énergie contre les réfugiés

Tokyo, 29 juillet 2010 (Apic) Le Japon aussi fait face à un afflux de réfugiés. Une responsable chrétienne du Japon a averti que de nombreuses personnes demandant le statut de réfugié au Japon vivent sous la menace constante d’une détention ou d’une expulsion, et qu’en cas de détention, elles risquent d’être séparées de leurs proches.

«Le plus gros problème, ce sont les détentions qui séparent des membres d’une même famille», a déclaré à ENI Naoko Sato, secrétaire générale de la Coalition chrétienne pour les réfugiés et les travailleurs migrants, à Tokyo, lors d’un rassemblement organisé dans la capitale japonaise le 25 juillet avec des réfugiés.

«Des mères et des pères sont séparés de leurs enfants pendant un ou deux ans», a déclaré Naoko Sato au rassemblement, qui était organisé par sa coalition, une organisation protestante liée au Conseil chrétien national du Japon.

Il y avait 2332 réfugiés officiels au Japon en janvier 2010, selon l’agence de l’ONU pour les réfugiés. En 2009, 1388 personnes avaient demandé le statut de réfugié au Japon, qui a été accordé à 30 d’entre elles, avait annoncé en février le bureau gouvernemental de l’immigration.

Le bureau a indiqué que le nombre de demandes est passé de 384 en 2005 à 954 en 2006 et qu’il était brusquement passé à 1599 dossiers en 2008. Selon le bureau, cette tendance est à imputer aux conflits régionaux qui ont lieu à travers le monde et à l’instabilité que connaissent certain pays. En 2008, les autorités ont recouru 82 fois à la procédure d’expulsion.

L’un des principaux problèmes auxquels sont confrontées les personnes demandant le statut de réfugié est qu’elles sont considérées comme étant «en situation irrégulière» ou «illégale»; elles ne sont pas autorisées à travailler et on leur refuse l’assurance santé, a indiqué Naoko Sato. Parmi ces personnes se trouvent celles qui ont été provisoirement libérées de détention et qui sont en attente d’une décision quant à leur statut.

«Ce que nous voulons par-dessus tout, c’est que le gouvernement régularise provisoirement les personnes qui son libérées de détention, pendant leur demande de statut de réfugié», a déclaré Naoko Sato. En 2008, les principaux pays d’origine des demandeurs du statut de réfugiés étaient la Birmanie (979), la Turquie (156) et Sri Lanka (90).

«On ne peut rien faire pendant environ dix ans après l’arrivée au Japon. C’est comme vivre dans une poubelle», a déclaré au rassemblement à Tokyo un réfugié de Birmanie, évoquant la situation des réfugiés et des demandeurs du statut. «Même si l’on obtient le statut de réfugié, on ne peut pas trouver de travail à moins de parler japonais». (apic/eni/pr)

29 juillet 2010 | 17:30
par webmaster@kath.ch
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