Chiffre record d’appels de désespérés

Japon: Forte hausse du nombre d’appels au service d’écoute pour les personnes suicidaires

Tokyo, 15 juin 2006 (Apic) Les consultations téléphoniques des personnes suicidaires au Japon n’ont jamais été aussi nombreuses, affirme un groupe chrétien en charge d’un service d’écoute par téléphone qui doit accompagner un nombre croissant d’adultes.

Le nombre d’appels des suicidaires au Japon a atteint le chiffre record de 45’600 en 2005, d’après FIND (Fédération Inochi No Denwa), un service d’écoute et de soutien mis en place pour les personnes en détresse. Les professionnels de la santé affirment par ailleurs que le nombre des suicides en 2005 devrait, une fois publié, dépasser les 30’000 pour la huitième année consécutive.

«Les premières années, nous nous occupions surtout de la prévention des suicides chez les jeunes, mais ces derniers temps, nous avons constaté une rapide augmentation des cas de détresse chez les personnes d’âge mûr et chez les personnes âgées» a expliqué le pasteur Yukio Saito, directeur exécutif de FIND à l’Agence oecuménique ENI.

FIND a été créée en 1971 et compte à présent quelque 50 centres au Japon qui fonctionnent avec l’aide de milliers de bénévoles. Cette organisation a été lancée à Tokyo par un groupe de chrétiens laïcs bénévoles spécialement formés pour se mettre à l’écoute de personnes en difficulté.

Yukio Saito, pasteur de l’Eglise unie du Christ au Japon, a constaté qu’un grand nombre de personnes en détresse avaient la trentaine. Un phénomène probablement dû à l’angoisse causée par le chômage et à d’autres facteurs d’insécurité dans le Japon d’aujourd’hui, où un nouveau modèle économique réduit la sécurité du travail. «Le nombre de maladies psychologiques ou psychiques comme les dépressions semble être bien en deçà de la réalité», a-t-il déclaré.

En 2002, le ministère de la Santé du Japon a mis sur pied un groupe de spécialistes de la prévention des suicides, dont fait partie Yukio Saito, en vue d’enrayer le nombre croissant de dépressions dans le pays. Yukio Saito estime pour sa part ne pas être sûr qu’il existe une authentique volonté politique de lutter contre la détresse. «Il n’existe pas de recette toute prête pour prévenir les suicides», a-t-il déclaré à Tokyo. (apic/eni/pr)

15 juin 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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