Japon: Le Prix «Niwano» pour la paix 2001 décerné au P. Elias Chacour, prêtre palestinien
Juifs et Palestiniens sont frères de sang
Tokyo, 19 février 2001 (APIC) Le Prix «Niwano» pour la paix 20001, remis par la fondation bouddhiste japonaise du même nom, a été décerné cette année au Père Elias Chacour, curé d’Ibilline, en Galilée. Le prêtre palestinien a fondé et dirige la Collège du Prophète Elie (Mar Elias) à Ibilline, un village arabe du nord d’Israël. Le Prix «Niwano», doté de 173’000 dollars, lui sera remis le 10 mai à Tokyo, au cours d’une cérémonie solennelle.
Chaque année, la Fondation pour la paix «Niwano» attribue son prestigieux Prix à une personne ou à une institution qui s’est distinguée par son travail dans le domaine de la paix, de la réconciliation, du dialogue inter-religieux, de la non-violence, des droits de l’homme.
Le Prix tire son nom de Nikkyo Niwano, un bouddhiste japonais qui a consacré sa vie à la cause de la paix dans le monde et qui fut un pionnier du dialogue inter-religieux. Niwano fait partie du groupe des fondateurs de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix. La Fondation «Niwano» veut contribuer à réaliser dans le monde une culture de paix, et aide les recherches et les activités dans le domaine de la religion, de la culture, des sciences, de l’éducation, de la philosophie.
Le Père Elias Chacour, a été choisi parmi plus de 1’000 personnes présentées par des organisations religieuses de 125 pays. «Juifs et Palestiniens sont frères de sang, nous ne devons jamais l’oublier», aime à rappeler ce prêtre apôtre du pardon et de la réconciliation qui milite pour que justice soit faite à son peuple spolié lors de la création de l’Etat d’Israël.
A l’annonce de l’attribution du Prix, le Père Chacour a déclaré: «Je suis heureux et honoré de recevoir le Prix. Je l’accepte avec gratitude et je le considère comme un encouragement. L’existence du Prix est un signe d’espérance pour l’humanité». Prêtre catholique de rite melkite, âgé de 61 ans, le Père Chacour travaille depuis plus de trente ans dans le domaine du dialogue et de l’éducation des jeunes Israéliens et Palestiniens.
Promoteur de rencontres inter-religieuses à Mar Elias
Le Collège Mar Elias, fréquenté par plus de 4’000 élèves et étudiants, essentiellement des élèves palestiniens d’Israël, est régulièrement le centre de rencontres inter-religieuses. «Les Accords internationaux ne sont que des signatures sur des feuilles de papier. Avec nos Instituts d’éducation, nous voulons toucher les cœurs des jeunes générations, les dirigeants de demain», déclare le Père Chacour.
Né en 1939 à Biram, un village situé dans le nord de la Galilée, dans la Palestine arabe, d’une famille chrétienne de rite melkite, le jeune Chacour doit quitter son village à l’âge de 8 ans. Lors de la fondation de l’Etat d’Israël, Biram, un village peuplé majoritairement de chrétiens maronites, sera évacué par l’armée israélienne puis soigneusement dynamité et rasé. Aujourd’hui, Biram est un parc national israélien, et ses habitants d’origine ne peuvent retourner y construite leur maison, malgré des arrêts de la Cour suprême israélienne les y autorisant.
Biram, un village évacué par l’armée et dynamité
Réfugié avec sa famille, au lieu de nourrir des sentiments de vengeance, le jeune Chacour se met à travailler avec des amis israéliens en faveur de la réconciliation entre les deux populations. En 1965 il est ordonné prêtre, et il fonde la première école à Nazareth. Les années suivantes, il concentre tout son travail sur la réalisation des Instituts d’Education Mar Elias. En 1984, il publie un livre, «Frères de sang», traduit en 28 langues, puis, en 1992, un autre livre, «Nous appartenons à la terre». Il été candidat au Prix Nobel de la Paix en 1986, 1989, et 1994.
Le Prix «Niwano» a été attribué précédemment, entre autres, aux personnalités ou Communautés suivantes: au pasteur presbytérien coréen, le révérend Kang Wong Yong (2000), à la Communauté Sant’Egidio (1999), à la Communauté Corrymeela (1997), au cardinal brésilien Paulo Evaristo Arns (1994), à Hildegard Goss-Mayr (1991), à Dom Helder Camara (1983). (apic/fides/com/be)



