«Je suis proche du pape et lui, maintenant, m’aide à être près du Seigneur»
Rome: Trente ans d’amitié entre Benoît XVI et Jean Paul II
Rome, 27 avril 2011 (Apic) Benoît XVI a entretenu avec Jean Paul II une longue amitié remontant à la fin des années 1970. Les deux hommes, l’un polonais et philosophe, l’autre allemand et théologien, ont fait preuve d’une estime réciproque, rapporte l’agence I.MEDIA.
«Entre Wojtyla et Ratzinger, il y a toujours eu un rapport extraordinaire initié dès les années du Concile Vatican II», a assuré Joaquin Navarro-Valls quelques instants après l’élection de Benoît XVI, le 19 avril 2005. Proche de Jean Paul II, dont il a fait la connaissance lors du Concile Vatican II (1962-1965), Joseph Ratzinger a été un ami fidèle, en qui le pape polonais a mis toute sa confiance.
Jean-Paul II, une ’main forte’ pour Benoît XVI
«L’amour du Christ fut la force dominante de notre bien-aimé Saint-Père», a certifié le cardinal Ratzinger, célébrant la messe des obsèques de Jean Paul II le 8 avril 2005. Il a également confié que son cœur était «rempli de tristesse, mais aussi de joyeuse espérance et de profonde gratitude».
Moins de 15 jours plus tard, célébrant sa première messe comme pape, Joseph Ratzinger a affirmé «sentir la main forte» de Jean-Paul II serrer la sienne, «voir ses yeux souriants et écouter ses paroles adressées particulièrement en ce moment à lui: ’n’aie pas peur’».
A l’occasion du 27e anniversaire de l’élection de son prédécesseur en octobre 2005, Benoît XVI a confié à la télévision polonaise TVP avoir éprouvé une grande sympathie pour le cardinal Wojtyla. Il s’est dit reconnaissant d’avoir reçu, «sans l’avoir mérité, le don de son amitié». «Le pape est toujours à mes côtés par ses textes», a assuré Benoît XVI. «Je suis proche du pape et lui, maintenant, m’aide à être près du Seigneur, je m’en remets à ses prières».
Après l’annonce de la béatification de Jean Paul II, Benoît XVI a fait part de sa joie à l’approche du jour où les fidèles pourraient «vénérer en tant que bienheureux ce grand pape et témoin du Christ».
Joseph Ratzinger, un ’grand réconfort’ pour Karol Wojtyla
La nomination de l’archevêque de Munich-Freising à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi fin 1981 a été «la plus importante nomination curiale» du pontificat de Jean Paul II. C’est ce que soutenait l’Américain George Weigel en 1999 déjà, l’un des biographes les plus connus du pape polonais (Jean-Paul II, témoin de l’espérance, éditions JC Lattès). Arrivé au Vatican début 1982, Joseph Ratzinger a pourtant refusé une première fois de quitter le diocèse de Munich dont il était archevêque.
Le pape polonais et le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi vont collaborer de manière étroite. Proche de Jean Paul II et tissant des liens d’amitié bien au-delà du travail, le cardinal Ratzinger rencontrait le pape tous les vendredis, pour passer en revue l’activité de son dicastère. Très souvent, il était invité à la table du pape, pour des discussions théologiques en compagnie d’autres personnes.
En juin 2001, à l’occasion du 50e anniversaire de l’ordination sacerdotale du cardinal Ratzinger, Jean Paul II a exprimé ses «vifs remerciements pour l’impressionnante masse de travail du cardinal bavarois, avec un esprit d’humilité et d’abnégation qui avait constamment marqué son activité». «Je désire vous confier que la communion spirituelle que vous avez toujours manifestée au successeur de Pierre m’a été d’un grand réconfort dans la fatigue quotidienne de mon service au Christ et à l’Eglise», a exprimé Jean Paul II.
Le 16 avril 2002, ayant atteint l’âge de la retraite, le cardinal bavarois a présenté sa démission au pape polonais, selon la règle. Joseph Ratzinger entendait quitter son poste pour se consacrer à l’écriture, à la méditation, et retourner en Allemagne. Mais Jean Paul II lui a demandé de rester en place encore quelque temps. En avril de la même année, Jean Paul II a célébré le 75e anniversaire du cardinal Ratzinger et a, une nouvelle fois, rendu hommage à ce «collaborateur de la vérité».
Lors des dernières hospitalisations de Jean Paul II, début 2005, le cardinal Ratzinger l’a régulièrement visité. Il s’est fréquemment montré à son chevet et il a été l’un des premiers à rejoindre l’appartement pontifical après la mort de Jean Paul II. (apic/imedia/lb/ggc)



