Rome : Le cardinal Burke tacle son collège Kasper à propos des divorcés-remariés
«Je trouve extraordinaire que Kasper prétende parler au nom du pape»
Rome, 1er octobre 2014 (Apic) A la veille de l’ouverture du Synode des évêques sur la famille, les échanges se font de plus en plus houleux entre cardinaux au sujet des divorcés-remariés. Le cardinal américain Raymond Leo Burke, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, qu’on dit sur le départ, a attaqué frontalement son collègue Walter Kasper, ancien président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, l’accusant de parler abusivement au nom du pape François.
«Je trouve extraordinaire que le cardinal Kasper prétende parler au nom du pape», a déclaré le cardinal Burke, lors d’un entretien avec des journalistes le 30 septembre 2014 à l’occasion de la présentation du livre qu’il publie avec quatre autres cardinaux contre toute tentation de changement dans la doctrine et la pratique à propos de l’accès à la communion pour les divorcés. «Le pape n’a pas d’extinction de voix. Le pape n’est pas muet. Il peut parler pour lui-même. Si c’est ce qu’il veut, il va le dire. Pour moi, en tant que cardinal, affirmer que ce que je dis sont les paroles du pape François serait scandaleux», a insisté Raymond Burke.
Le cardinal trouve «outrageant» que son collègue Kasper insinue que les critiques à son égard concernant sa position sur le sujet des divorcés-remariés viseraient directement le pape. Il juge que même si le pape François pense à une approche plus indulgente sur la communion pour les divorcés-remariés, il ne peut pas changer l’enseignement de l’Eglise parce que lui, comme tous les évêques, «est tenu à l’obéissance à la vérité» sur le mariage, et cette vérité ne peut pas changer.
Avec quatre autres cardinaux dont Gerhard Ludwig Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi et George Pell, membre du ›Conseil des 9 cardinaux’, Raymond Burke vient de participer à la publication d’un ouvrage rassemblant des textes contre la proposition du cardinal Kasper en faveur de l’accès des divorcés remariés à la communion par le biais d’un «chemin pénitentiel».
La peur de l’effet domino
Les opposants estiment que l’on ne peut pas séparer la discipline de la doctrine sans compromettre les vérités morales du christianisme. Ces derniers jours, le lobbying contre les réformateurs a donné toujours davantage de voix. 48 membres du clergé et intellectuels catholiques américains, soutenus par des dirigeants évangéliques de premier plan, viennent de publier une lettre ouverte au pape François et aux délégués synodaux. Ils les exhortent à ne pas diluer l’enseignement de l’Eglise sur le mariage, mais à lutter contre les tendances à la sécularisation qui affaiblissent les normes conjugales.
Dans une récente interview au magazine ›America’, le cardinal Kasper a riposté aux critiques de personnalité comme le cardinal Burke, en disant qu’ils sont engagés dans des manœuvres politiques. Ils ont peur que tout changement conduise à un «effet domino». «Tout cela est lié à l’idéologie, à la compréhension idéologique de l’Evangile comme un code pénal.» Pour lui les opposants affichent «un fondamentalisme théologique qui n’est pas catholique.» «La peur est toujours mauvaise conseillère. L’Eglise ne devrait pas agir par peur. Elle doit être le peuple de l’espérance «, a-t-il conclu. (apic/imedia/wp/mp)



